La proposition du Directeur général de la Caisse nationale des retraites (CNR), Slimane Melouka, de chercher de nouvelles sources de financement par la taxation du médicament, du tabac et des alcools, continue d’alimenter les discussions et les points de vue. Après le communiqué publié le 15 juin dernier par l’Unop, le Snapo et l’ADPHA pour répondre à M. Melouka et lui signifier que ce n’est pas une bonne idée de vouloir surtaxer le secteur pharmaceutique et de le mettre dans la même case que la cigarette et l’alcool, le président de l’Unop Abdelwahed Kerrar et le président du Snapo, Messaoud Belambri, vont plus loin dans le débat.
Dans le cas où la proposition de la Caisse nationale des retraites (CNR) relative à la taxation des médicaments, au même titre que l’alcool et le tabac, sera prise en considération, c’est la Sécurité sociale, en premier lieu, qui aura à payer le tribut le plus lourd, explique M. Kerrar. «Si on impose de nouvelles taxes, les prix des médicaments vont augmenter. Ce qui signifie que le volume des remboursements sera également augmenté, pénalisant ainsi la Sécurité sociale qui est déjà en difficulté financière», ajoute le président de l’Unop.
Le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo) prévient également contre une hausse des prix des médicaments si cette proposition de taxation est adoptée par les pouvoirs publics. «Parmi les priorités des pouvoirs publics dans le secteur de la santé, c’est de garantir aux citoyens l’accessibilité au médicament. Or, cette accessibilité sera sérieusement touchée si les prix du médicament augmentent suite à une éventuelle taxation. C’est en contradiction avec le refus, jusqu’à présent, d’augmenter les prix du médicament et des marges bénéficiaires des producteurs», signale le président du Snapo, Messaoud Belambri, qualifiant cette situation d’incohérente.
Par ailleurs, précise l’Unop, si la taxation implique des taxes supplémentaires sur les opérateurs et producteurs pharmaceutiques, c’est tout le secteur qui en sera affecté. «Personne n’ignore que le secteur pharmaceutique est confronté aujourd’hui aux défis de la production nationale pour couvrir les besoins locaux sans recourir aux importations, et à ceux de l’export. Si on nous impose des taxes supplémentaires, le secteur sera tiré vers le bas», assure-t-il. Le secteur du médicament, explique-t-il, représente 4 milliards de dollars/an en moyenne, alors que le déficit financier de la CNR est de 6 milliards de dollars. «Même si on taxe le médicament, ce dernier ne pourra jamais combler le déficit de la CNR. La crise financière de la Caisse de retraite est une problématique très grave et d’envergure qui ne pourra pas être réglée par des petites solutions comme la taxation du médicament ou d’autres produits. Le déficit nécessite des solutions en profondeur qui ne peuvent être prises qu’avec l’implication des instances de haut niveau», estime-t-il. <