« Nous devons former 500 000 jeunes sur le terrain » pour l’entretien des propriétés, a déclaré Houria Bouhired, la secrétaire générale de l’Organisation nationale des promoteurs immobiliers (ONPI), en marge de l’ouverture du 1er Salon international de la promotion immobilière et de l’aménagement urbain, organisé à la Safex d’Alger.

La loi exige, en effet, des promoteurs immobiliers la gestion de leurs réalisations pendant deux ans à partir de l’achèvement des travaux. Hygiène, sécurité, entretien, tout est géré par le promoteur immobilier. « Mais nous ne sommes pas prêts à assurer cette mission sans de bonnes conditions», estime la représentante de l’ONPI, qui appelle l’Etat à épauler sa corporation dans le cadre de la formation à l’entretien des propriétés « en mettant à disposition des surfaces pour la formation pratique et non théorique », insiste-t-elle. Interrogés sur le thème de la gestion du bâti sur le long terme, les exposants sont unanimes. Pour lutter contre les dégradations, le manque d’hygiène et le laisser-aller au niveau de l’ensemble des copropriétés du pays, il est nécessaire de mandater des personnes ou opérateurs à même de gérer cette question de façon pérenne. « Les néo-propriétaires peuvent choisir au bout des deux années de garder l’administrateur que nous désignons ou faire appel à un administrateur externe », explique un promoteur basé à Tixeraine (Alger). « L’Algérien n’aime pas payer de charges. Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra changer les mentalités et inciter les propriétaires à mettre la main à la poche », estime un autre exposant qui a fixé les cotisations pour l’entretien de sa réalisation immobilière à 5 000 DA/mois.
« Au début, les résidents semblaient réticents, mais une fois qu’ils ont vu le résultat au quotidien, ils se sont dit satisfaits », confie-t-il. Hier, à l’occasion de la première des quatre journées du Salon national de la promotion immobilière, la cinquantaine de promoteurs immobiliers ont mis à profit l’événement pour mettre en avant leurs réalisations de plus en plus qualitatives grâce notamment à l’utilisation de nouvelles technologies lors de la réalisation des résidences immobilière mais, également, au niveau des équipements à la disposition du propriétaire. « Nous faisons dans le haut standing, car l’Algérien est de plus en plus demandeur de confort. Nous prenons aussi en considération l’efficacité énergétique », explique un exposant à la conquête d’acquéreurs de la résidence réalisée à Aïn Benian à l’ouest d’Alger. Le prix d’un F2, avoisine les 20 millions de dinars au sein de la résidence, qui comporte notamment une salle de sport, une garderie pour enfants et des espaces communs conviviaux et sécurisés.

« Je refuse le terme assainissement ! »
Maâmar Boumdal, président de l’ONPI coorganisateur du salon, a réaffirmé les priorités de son organisme en le présentant comme « un partenaire fiable à travers ses experts pour adapter la législation afin d’alléger certaines entraves aux promoteurs immobiliers ». Parmi les difficultés citées, celle de l’accès aux terrains fonciers. « Non seulement ils sont rares, mais les prix sont exorbitants », abonde l’un des exposants, un architecte converti. Concernant la problématique des agréments, Maâmar Boumdal a nié la présence d’une « blacklist » de promoteurs. « C’est faux ! Je refuse le terme assainissement du secteur. Il n’y a pas d’escrocs ou de truands dans notre corporation. Il y a eu un manquement à des actions purement administratives, par négligence ou par ignorance », a-t-il affirmé. Tout en disant que son organisation est disponible pour prendre part à des études initiées par le ministère de tutelle « en vue de mieux faire et de répondre aux programmes de construction suivant les moyens disponibles ».
En outre, les représentants de l’ONPI ont appelé à la création d’une commission de réflexion avec différents ministères pour se pencher sur les lois régissant le secteur. D’autre part, un rapport devra être remis au ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme dans les mois à venir pour revoir la législation du secteur de la promotion immobilière.