Par Hamid Bellagha
Pour la 53e fois, la Safex accueille la Foire internationale d’Alger, depuis toujours la Mecque des consommateurs et du commerce direct. L’exposition a toujours drainé dans son sillage des commerçants, au sens le plus mercantile du terme, à la recherche d’un gain rapide et facile sur un terrain propice qui s’appelle Algérie. D’ailleurs, et depuis sa création, la FIA a constamment été, et comme son nom l’indique, une foire, l’occasion pour les négociants de plusieurs pays de venir faire des affaires. Et une fois les bagages pliés, on commence déjà à penser à la prochaine rencontre, synonyme de la précédente, l’équivalent d’un immense souk où le savoir-faire et l’investissement direct se révèlent être des gros mots.
Les mentalités, les données et la raison économique ayant évolué, la FIA de cette année, et selon ses promoteurs, se veut une mue vers un échange win-win par un investissement direct et un transfert de technologie. Il est loin désormais le temps, du moins on l’espère, où la FIA était une foire non seulement au sens commercial, mais aussi une occasion pour les badauds d’acheter n’importe quoi et pour les entreprises algériennes un autre terrain adapté à l’importation.
Le concept de foire n’est plus utilisé dans le monde que pour les rencontres dominicales dans les petits patelins où les petits producteurs locaux écoulaient leur fromage, leur confiture ou des miels locaux. Sinon, et depuis des années, c’est le salon qui remplace la foire avec des échanges économiques, des rencontres entre investisseurs et des conférences thématiques.
L’Algérie, qui ne se veut plus être un vaste champ de consommation directe, aspire à plus de considération de la part des ex-marchands de la foire qu’elle voudrait transformer en partenaires. La FIA, cette année, 53e du nom, est l’occasion propice d’essayer, grandeur nature, la portée et l’opportunité de la nouvelle loi sur l’investissement. L’occasion de jauger de la crédibilité et de la pertinence des lois attractives que propose le gouvernement Benabderrahmane pour les IDE que l’on espère depuis des décades mais qui se font toujours attendre.
La Foire internationale d’Alger, qui a été, sera probablement l’année prochaine le salon international d’Alger, où le mouvement des capitaux ne prendra pas un flux unidirectionnel et où les think-tank made in DZ auront leur place aussi bien dans l’import que dans l’export.