PAR LEÏLA ZAÏMI
L’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA) ne conteste pas que le mois de carême 2021 a été le plus cher qu’ont eu à vivre les ménages, une situation aggravée par la dévaluation de la monnaie nationale.
Et si l’association n’a pas encore établi le point documenté sur l’activité commerciale durant ce mois, connu pour son volume élevé de consommation, elle n’en dégage pas moins quelques observations qui justifieraient un plaidoyer pour une «réorganisation» du secteur, cette sempiternelle revendication des commerçants et des associations de défense du consommateur.
L’ANCA compte-t-elle rédiger un rapport à ce propos et l’adresser aux autorités dans lequel figureront des propositions pour résoudre les problèmes qui se sont davantage posés durant ce Ramadan ? La question n’est pas à l’ordre du jour de l’association, présidée par M. Boulenouar.
Mais à se fier à Mohamed Mechedène, membre de ladite association, la responsabilité des pouvoirs publics est entière, estimant que la politique de l’Etat vis-à-vis des commerçants et des agriculteurs n’encourage pas la baisse de prix que peut légitimement souhaiter le consommateur. «L’Etat a abandonné les agriculteurs. C’est-à-dire qu’il n’a pas pris en charge les marchandises extra. Il faut ajouter à cela le fait que nous n’avons pas assez de chambres froides ainsi que la matière première qui coûte très cher», a expliqué M. Mechedène.
Pour ce dernier, et faute d’une «véritable régulation» du marché, «la hausse des prix est inévitable» au vu de la forte demande de produits alimentaires de base, cause directe de la hausse des prix.
Cela étant, même si au sein de l’ANCA, on ne nie pas la réalité selon laquelle les prix n’étaient pas à la portée de tout le monde, on n’endosse pas la responsabilité de cette situation «aux commerçants qui auraient été corrects avec le consommateur». Car, pour M. Mechedène, plusieurs facteurs ont fait que les prix ne se stabilisent pas quand ils n’ont pas atteint le niveau de l’inaccessibilité, particulièrement pour certains produits. Prenant pour exemple, la viande rouge, Mohamed Mechedène relève que «les autorisations pour importer cette matière essentielle ont beaucoup tardé à être délivrées», ce qui s’est répercuté, dira-t-il, sur le niveau des prix qui ont connu une hausse vertigineuse. Notre interlocuteur souligne, dans le même ordre d’idées, que la hausse des prix des fruits et légumes est la conséquence de la diminution de la production agricole, qui est due, elle, au recul de la production agricole, non sans rappeler «les pertes qui avaient été enregistrées l’année précédente». «Les agriculteurs ont enregistré des pertes considérables durant l’exercice écoulé», a-t-il noté, avant d’ajouter, dans ce sens, que «l’Etat n’est pas venu en aide aux agriculteurs touchés par les pertes».
Pour ce membre actif de l’ANCA, «le marché a besoin d’être organisé», pointant à ce propos «un déficit de coordination entre les différents acteurs du secteur». Quid des marchés de proximité réactivés au début du Ramadan pour renforcer l’offre ? Notre interlocuteur estime que «ces foires commerciales installées pendant le mois de Ramadan afin d’équilibrer les prix du marché n’ont pas été à la hauteur des attentes» puisque les prix étaient plus inabordables pour le commun des Algériens.
«Ces espaces commerciaux ont été mal gérés dans plusieurs endroits», a-t-il affirmé, concluant dès lors à «l’échec» de la démarche. Mais pour certains spécialistes, la problématique se pose au niveau de la production, regrettant la disparition des «petits producteurs», à laquelle peut s’ajouter «la rentabilité en diminution» à cause de la mauvaise qualité des semences. <