Dans la matinée de jeudi dernier le jeune Hamza Kouidri, la trentaine, soudeur de son état, rejoint son poste de travail comme à l’accoutumée. Imprudemment, par inattention, il roulera lui-même un fût, vide, mais ayant contenu du diluant, jusqu’à son ouvrage pour prendre appui dessus. Les étincelles qui ont jailli en actionnant son chalumeau provoqueront l’explosion en raison des émanations (gaz) contenu dans le fût.
Il faut savoir que les diluants/solvants de peinture sont des produits toxiques et hautement inflammables, qu’il s’agisse d’essence térébenthine, d’acétone ou d’hydrate de méthyle. Leurs émanations, à une certaine concentration et en l’absence de ventilation, peuvent constituer un mélange détonant. Touché par les flammes et atteint de brûlures profondes, Hamza rendra l’âme à son admission à l’hôpital. Dans les différentes unités de l’ENCC, c’est le choc et la consternation.
Cet accident pose, encore une fois, et avec acuité, la question des normes et des protocoles de sécurité qui ne sont, malheureusement, pas toujours respectés. L’absence d’une démarche management de la santé et la sécurité au travail, notamment la norme ISO Ohsas18001, multiplie les risques d’accidents dont les premières victimes sont les travailleurs. Très souvent, il s’agit de blessures ou de handicap, mais, parfois, il y a mort d’homme. Ironie du sort, cet accident coïncide avec l’annonce, dans une autre unité de l’ENCC, de deux mois avec « zéro accident ». La mort absurde de Hamza vient ternir ce tableau… Les travailleurs de Promech ont enclenché, depuis hier matin, un arrêt de travail à la fois pour poser les questions liées à la sécurité et aux conditions de travail et en relation avec la gestion. Ils refusent toute négociation avec l’actuel directeur d’unité, M. Athmani, et exigent la présence du P-DG de l’ENCC, M. Boulaïoune, arrivé hier soir par avion d’Alger et qui doit entamer dès ce matin des négociations avec les travailleurs.