Le prolongement du confinement annoncé mardi par le Premier ministre sonne manifestement comme la conséquence de l’insouciance de pans importants de la population qui foulaient au pied les règles de prévention édictées par les autorités sanitaires.
Pourtant l’alerte a été maintes fois tirée de toute part depuis l’apparition du coronavirus en Algérie en date du 25 février.
C’est-à-dire depuis bientôt trois mois que le pays, particulièrement le personnel de la santé, fait face à une situation d’urgence sanitaire, sans pour autant pouvoir enregistrer des avancées tangibles de nature à légitimer une perspective de déconfinement.
Bien sûr qu’on l’on peut que se féliciter de la baisse du nombre de décès déploré chaque jour selon le bilan que présente quotidiennement le porte-parole du comité de suivi de la pandémie et de la tendance haussière des cas de guérison.
Force est de constater cependant que le nombre de cas positifs signalés chaque jour – avoisinant les 200 par jour depuis une quinzaine de jours – ne peut être que source d’inquiétude et d’angoisse.
Cette hausse des cas positifs ne peut être expliquée que par l’indiscipline, l’insouciance, dont on fait preuve ici et là sur fond de défiance incompréhensible de la gravité de la situation et les risques de propagation d’un virus qui a mis en alerte le monde entier jusqu’à faire des villes les plus animées à travers la planète des cités inaudibles et sans voix.
Et ce n’est que grâce à une adhésion sans faille aux règles de préventions que des pays parmi les plus touchés par la pandémie notamment dans les Vieux continent (Italie, Espagne, France) que le déconfinement est devenu possible.
Sans doute que le déconfinement enclenché dans ces contrées demeure fragile et exige un surcroit de vigilance pour prétendre recréer les conditions d’un retour à la situation d’avant Covid-19, il reste cependant établi que le respect des règles édictées par les autorités sanitaires de ces pays n’a pas été sans effet sur l’évolution de la pandémie.
C’est justement cette adhésion au plan de prévention et cette discipline qui ont cruellement manqué en Algérie pour prétendre arrêter la chaine de transmission du virus.
Aujourd’hui, le prix à payer, en plus des pertes humaines, c’est le prolongement du confinement et les restrictions qui l’accompagnent privant ainsi les gens de leur liberté de mouvement, de leur activité professionnelle et qui va les forcer, dans 10 jours, à célébrer une fête de l’Aïd de façon inhabituelle où il n’y aura pas de place pour les retrouvailles traditionnelles dans de pareilles circonstances de fête.
Pourtant, des responsables politiques et autorités de santé n’ont pas cessé de sensibiliser les gens au respect des règles de préventions.
Dans l’annonce du premier prolongement du confinement, le premier ministre, Abdelaziz Djerad, a tenté de secouer les consciences en mettant en évidence une corrélation entre la propagation du virus et le non-respect des mesures-barrières recommandés par les autorités sanitaires.
«Le non-respect de ces règles influera dangereusement sur la trajectoire de cette épidémie jusque-là contenue, car il a été prouvé l’existence d’une forte corrélation entre la propagation du COVID-19 et les négligences liées au comportement des citoyens», avait-il averti.
Le Premier ministre avait alors soutenu que l’endiguement de la pandémie «ne sera possible que si les citoyens adhèrent fortement à la discipline générale exigée par la situation», ajoutant que la vigilance citoyenne ainsi que l’esprit de responsabilité individuelle et collective «constituent les seuls remparts possibles face à cette épidémie, qui permettront l’allégement des mesures de confinement».
Semaines après semaines, nous en sommes quasiment à la case départ où l’insouciance et l’imprudence participent visiblement dans le prolongement de la durée du confinement.<