Nombre d’experts et jeunes porteurs de projets ou ayant réussi à concrétiser leurs projets garnissaient, hier, l’auditorium du Centre international des conférences (CIC) à l’occasion de l’événement dédié au jeune entrepreuneuriat.

Objectif annoncé : orienter, accompagner et encadrer les jeunes afin qu’ils puissent concrétiser puis viabiliser leurs projets professionnels. Des ambitions louables tant la jeunesse représente une source de vitalité pour l’économie nationale. Reporters est allé à la rencontre de jeunes entrepreneurs dans le domaine des TIC, présents à la rencontre Mukawil. « L’écosystème est fragile en Algérie. Pour qu’un jeune puisse entreprendre, nous ne possédons pas les composants nécessaires qui permettent l’éclosion de jeunes », entame Iheb Tekkour, consultant en TIC, ayant lui-même lancé son entreprise après une expérience professionnelle à l’étranger. « Par exemple, il subsiste toujours la problématique du financement et celle de l’accès à Internet qui demeure moyen », estime-t-il. Expliquant que les jeunes porteurs de projets tentent de percer, mais beaucoup abandonnent à cause de l’écosystème de l’entrepreneuriat en Algérie pour ensuite tenter leur chance à l’étranger et réussir.

« Pour ma part, j’ai eu l’occasion de vivre l’éclosion du 2.0 en Algérie aux alentours des années 2006/2007. J’ai appris énormément à l’étranger au sein de multinationales avant de revenir pour créer ma propre entreprise », raconte Iheb Tekkour. Aujourd’hui, le consultant en TIC dirige son entreprise, spécialisée dans le géo-marketing et relate ce qu’il a pu connaître ou entendre auprès d’autres jeunes entrepreneurs qui n’ont pas eu la chance d’acquérir une expérience à l’étranger. « Lorsqu’un jeune veut réaliser son projet en s’adressant aux mécanismes de soutien, il a l’impression de parler à des personnes qui ne comprennent pas l’enjeu du numérique », révèle-t-il. « C’est inconcevable de parler d’entrepreneuriat alors que les PME n’ont pas accès au e-paiement. Aussi, il y a beaucoup de projets qui connaissent des difficultés à cause de retards administratifs», constate notre interlocuteur.
Selon Adel Amalou, le jeune entrepreneur qui a lancé le service de la billetterie électronique, destinée aux événements sportifs et culturels, l’importance de connaître au préalable une expérience professionnelle au sein d’une grande entreprise peut s’avérer décisive pour un porteur de projet. « J’étudiais à l’université, parallèlement, j’ai eu la chance de travailler avec un Algérien qui possède un grand groupe à l’étranger, il s’agit de Karim Oumnia », confie-t-il.
« J’ai beaucoup appris, ça a été un coach, un encadreur et un parrain. C’est bien d’entreprendre directement mais avoir une expérience professionnelle avant est très important pour se former et se forger », indique Adel Amalou, qui partage sa vision d’une idée novatrice pour optimiser ses chances de la voir concrétisée. « Pour créer un projet, il faut chercher une problématique à résoudre. C’est le premier principe pour entreprendre», révèle le chef d’entreprise, dont la start-up a été incubée au sein du cyber-parc de Sidi-Abdallah.

« Encourager les jeunes à prendre des risques et à persévérer »
Parmi les invités ayant pris part aux ateliers organisés au sein du CIC, hier, Hassen Khelifati, le PDG d’Alliance Assurances, partenaire de l’événement. « On peut parler d’entrepreneuriat de la jeunesse dans les assurances, mais pas pour la création de compagnies d’assurance. Car c’est un domaine très technique et qui demande beaucoup de capitaux, un minimum de deux millions de dinars», relève le responsable de la compagnie d’assurance. Expliquant que l’entrepreneuriat dans le domaine des assurances peut se faire à travers la création d’agences d’assurance, car ce sont de petites PME. « Il y a aussi plusieurs métiers autour de l’assurance.
Aujourd’hui, nous avons beaucoup de start-up qui créent des logiciels pour faciliter le travail de l’assureur. Par exemple, le logiciel sur l’expertise automobile qui est en phase d’être créé », indique Hassen Khelifati, pour qui la participation à ce type de rencontre est d’encourager les jeunes « à prendre des risques et à persévérer ». « Nous sommes sponsor car nous croyons que nous devons encourager les jeunes à l’entrepreneuriat et l’esprit d’initiative et ne pas avoir peur de l’échec. Entreprendre c’est tirer les leçons et avancer », affirme le PDG d’Alliance Assurances. <