Le projet Trans-Saharan Gas-Pipeline (TSGP) a de nouveau été évoqué hier par le Pdg de Sonatrach, Toufik Hekkar. Moins de deux semaines après la réunion tripartite à Abuja (Nigeria) consacrée à cette méga-infrastructure énergétique de 4 000 km, qui permettra l’acheminement de gaz naturel du Nigeria vers l’Europe en passant par le Niger et l’Algérie, M. Hekkar est revenu sur les avantages techniques et financiers dont jouit le TSGP par rapport à l’autre projet de même type que tente défendre le Maroc pour la construction qui partirait du Nigeria et passerait par le territoire marocain pour approvisionner le marché européen.
A ce niveau, mais aussi pour d’autres paramètres, les deux projets sont tout simplement «incomparables» a tranché le premier responsable de la compagnie nationale d’hydrocarbures, lors d’une conférence portant sur les résultats de Sonatrach pour le compte des cinq premiers mois de 2022.
Incomparables en premier lieu en termes de «coût de réalisation» qui se répercutera inévitablement sur les prix du gaz, a-t-il souligné, ajoutant que cette donne privilégie systématiquement le gazoduc Nigeria-Niger-Algérie. Lequel pourrait, entres autres, profiter des opportunités qu’offre les infrastructures et les capacités techniques de Sonatrach sur le territoire algérien, faut-il le rappeler.
Ce canal traverse seulement 3 pays et «ne peut être comparé à un autre» qui traverse 12 pays, a ainsi affirmé M. Hakkar en référence au projet marocain. Lors de la récente réunion tripartite entre le ministre de l’Enregie, Mohamed Arkab et ses homologues nigérian et nigérien ont décidé de passer à une nouvelle étape en vue de concrétiser le projet du gazoduc qui relie leurs trois pays pour livrer le GN à l’Europe. Les trois ministres ont convenu de «poser les premiers jalons de ce projet, à travers l’entame des études techniques, en prévision de sa concrétisation sur le terrain dans les plus brefs délais» avait indiqué M. Arkab à la presse. A quelques jours de cette réunion dans la capitale nigériane, ce dernier s’était exprimé sur les avantages que possède le TGSP sur le projet marocain. Dans une interview accordée au magazine allemand Der Spiegel, M. Arkab a commenté, pour la première fois, ce dossier en affirmant que le gazoduc algéro-nigérian est plus sûr et plus économique. «Notre pipeline est plus sûr et plus viable économiquement. Tandis que l’autre pipeline (Nigéria–Maroc), qui traverse 12 pays sur une distance de plus de 6000 km, est plus complexe et illimité», a commenté le ministre. «Le financement de ce projet (gazoduc Nigéria-Maroc) est également flou», a-t-il ajouté, soulignant que «l’Algérie possède les ressources et la volonté de financer une grande partie du gazoduc transsaharien (TSGP)». Mercredi dernier, après avoir été reçu en audience par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour une visite d’adieu au terme de sa mission en Algérie, l’ambassadeur du Nigeria en Algérie, avait fait un compte-rendu sur les discussions qu’il a eues avec le chef de l’Etat, citant le TSGP parmi les projets de partenariat de haute importance entre les deux pays. L’audience a porté sur les différents projets «revêtant une importance majeure pour les deux pays», dont certains sont en cours de réalisation et d’autres bientôt parachevés. Il s’agit de trois projets importants, à savoir la route Transsaharienne dont les travaux sont à un stade très avancé, le gazoduc transsaharien au sujet duquel les partenaires de développement ont affiché leur disposition à en assurer le financement, outre le parachèvement du projet de liaison en fibre optique. Pour rappel, la prochaine réunion tripartite sur le gazoduc transsaharien aura lieu à Alger, au plus tard fin juillet prochain, c’est-à-dire dans un délai nettement plus court que celui qui a séparé les réunions de Niamey, en février, et Abuja, le 20 et 21 juin. Ce qui témoigne de la volonté des trois pays d’aller réellement de l’avant, sans plus perdre de temps dans la concrétisation de ce gigantesque chantier à haute valeur ajoutée pour leurs économies respectives mais aussi pour l’économie de l’ensemble du continent africain.