Projet cardinal dans le plan de relance économique du pays, le port centre d’El Hamdania fait parler de lui une nouvelle fois. Les travaux de sa réalisation n’ayant toujours pas été entamés, le ministre des Travaux publics a indiqué qu’ils le seront dès que les négociations avec le partenaire chinois seront achevées.
«Dès que nous terminerons les négociations avec la partie chinoise sur les modalités de financement, nous entamerons les travaux de réalisation», a fait savoir M. Chiali dans un entretien à l’APS. Il a souligné que son département espère commencer ces travaux «avant le mois de mars 2021». Il a aussi affirmé que «l’avant-projet détaillé est déjà finalisé» et qu’«une fois l’entreprise de réalisation ou le groupement d’entreprises retenu, il ne reste qu’à réaliser l’étude d’exécution du projet», a-t-il précisé.
Par ailleurs, la gestion de la réalisation du mégaprojet de Cherchell sera confiée à une agence nationale qui sera créée en vertu d’un décret adopté par le gouvernement le 4 novembre 2020, a souligné le même responsable. Domiciliée dans la wilaya de Tipasa, cette agence «agira en tant que maître d’ouvrage délégué pour le compte de l’Etat», a-t-il expliqué.
Le ministre du secteur a rappelé que le grand port centre sera relié au réseau routier national, notamment l’autoroute-Est-Ouest ainsi qu’au réseau ferroviaire. Dans ce cadre, une pénétrante de 37 kilomètres reliant le port à l’autoroute Est-Ouest au niveau d’El-Alfroun, ainsi qu’une double voie ferrée électrifiée de 48 km entre le port et la gare d’El-Alfroun seront engagées prochainement, a-t-il poursuivi, annonçant des avis d’appels d’offres pour les deux projets qui seront lancés dans «les meilleurs délais»,
La vision sur l’exploitation de ce futur port est également tracée, selon l’intervenant. Elles consistent à «associer un armateur pouvant assurer, dans le cadre d’un plan de charges, le traitement d’un nombre déterminé de containers à faire transiter annuellement», a-t-il encore indiqué, ajoutant que «des négociations sont toujours en cours avec les partenaires chinois pour déterminer les modes d’exploitation de ce port».
Selon l’étude préliminaire, la réalisation du port Centre d’El Hamdania coûtera entre 5 et 6 milliards de dollars, avait déclaré le ministre des Transports, Hani Lazhar, en octobre dernier. M. Hani avait alors inclus le raccordement de la méga infrastructure portuaire, le raccordement à une ligne ferroviaire qui s’étendra jusqu’aux capitales des pays africains situés aux frontières Sud du pays. Cette structure stratégique se chargera du traitement de 6,5 millions de conteneurs et 25,7 millions tonnes de marchandises/an et sera destinée au commerce maritime national, tout en étant un axe d’échanges au niveau régional.
Depuis le mois de juin dernier, le projet du port d’El Hamdania fait reparler de lui, cinq années après son lancement, marqué par des dysfonctionnements et des polémiques autour de ce chantier dont les travaux se trouvent, en fin de compte, toujours au point de départ. Fin septembre dernier, le Président de la République est revenu à la charge pour instruire de la nécessité d’intensifier les contacts avec le bureau d’étude chinois chargé de cette réalisation.
Il est utile de rappeler aussi que ce même projet avait, dès son inscription sur les tablettes des pouvoirs publics, provoqué des vagues de suspicions pour de nombreux motifs. En plus ceux qui pesaient sur les bureaux d’études qui se sont relayés pour sa concrétisation, le projet compte pour principaux initiateurs Ali Haddad et les frères Kouninef, qui se trouvent actuellement en prison dans une série d’affaires ayant participé à mettre à genoux le pays sur le plan économique. Par ailleurs, ce projet a été constamment remis en cause pour l’atteinte qu’il porte à l’environnement, notamment à la biodiversité marine d’El Hamdania.
Lors du bref passage de Abdelamdjid Tebboune à la tête du Gouvernement, en 2017, Ali Haddad avait été mis en demeure par le ministère des Travaux publics et menacé d’être écarté de ce projet. Mais l’actuel Président de la République n’avait pas alors tardé à être écarté de son poste, faisant les frais des attaques d’hommes d’affaires appartenant au clan des Bouteflika, et à leur tête Ali Haddad. n