Un projet d’interconnexion entre le réseau électrique algérien de Hassi Messaoud et celui de la Libye via Ghadamès a été annoncé, hier, par le Président-Directeur général (PDG) de Sonelgaz Chaher Boulakhras, affirmant que cette décision «historique va consolider la vision de l’interconnexion du réseau du Maghreb, de l’Afrique du Nord et de la région subsaharienne».

Par Sihem Bounabi
S’exprimant sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, le PDG de Sonelgaz a précisé que «la décision du projet d’interconnexion du réseau électrique du Grand-Sud entre Hassi Messaoud et Ghadamès a été prise lors de l’Assemblée générale du groupe Sonelgaz, tenue le 31 mai dernier, sur proposition de Sonelgaz».
Il affirme dans ce sillage que «la présence effective de Sonelgaz en Libye est un choix stratégique», estimant que «cela concrétise d’abord la stratégie globale du pays, ensuite la vision stratégique de Sonelgaz d’aller à l’international». Il rappelle que ce projet s’inscrit dans le cadre de l’accord de partenariat et du mémorandum d’entente entre l’entreprise Sonelgaz et la Compagnie générale de l’électricité de Libye (Gecol) signés en décembre 2020 et visant à mettre en place les jalons de coopération entre les deux entreprises du secteur.
Ce projet, que Chaher Boulakhras a qualifié de «complexe», en raison de son étendue sur 520 kilomètres, sera accompagné par des mécanismes de financement en vue de le réaliser. Il explique à ce sujet que «nous sommes en train de mettre en place ce projet graduellement. Il s’agit d’un projet sur 3 ans selon le mode opératoire que nous avons adopté».
Le PDG de Sonelgaz a également affirmé que le groupe Sonelgaz a pris aussi la décision de renforcer sur le court terme la flotte de l’entreprise libyenne Gecol par des turbines mobiles d’une capacité de 265 mégawatts (MW) à partir du mois de juillet prochain, tout en faisant état de l’intervention réussie des équipes de Sonelgaz dépêchées au niveau de la centrale Khoms, à Tripoli, qui a permis de récupérer une grande puissance et de soulager le réseau libyen en réduisant le temps de délestage de 12 heures à 4 ou 5 heures par jour. Cette équipe de 30 techniciens et ingénieurs algériens a été déployée en Libye pour assurer des interventions et le diagnostic nécessaire, ajoute le PDG de Sonelgaz, précisant que «nous travaillons sur la partie haute tension, la formation, la numérisation et aussi l’activité de la maintenance des équipements, des réseaux et des centrales de production avec des pièces de rechange fabriquées en Algérie». Par ailleurs, concernant le plan stratégique tracé à l’horizon 2035 au niveau international, Chaher Boulakhras a déclaré que le groupe Sonelgaz envisage de conquérir le potentiel du marché africain. Il a rappelé que le groupe Sonelgaz est déjà présent dans 9 pays africains, à travers des actions de formation assurées par la filiale IFEG, indiquant que «l’Afrique dispose d’un énorme potentiel avec plus de 640 millions d’Africains qui n’ont pas aujourd’hui accès à l’énergie». Sonelgaz prépare sa feuille de route sur l’international «pour saisir toutes les opportunités qui peuvent s’offrir à l’entreprise». <