Après avoir opéré une offensive au profit de la voiture électrique, qui a fini par convaincre les pouvoirs publics d’imposer un quota de ce type de véhicules aux futurs concessionnaires, Chems-Eddine Chitour semble avoir choisi de maintenir cette offensive au même rythme en l’orientant, désormais, vers la promotion du moteur électrique via l’assouplissement des taxes qui s’appliquent aux transactions y afférentes.

Par Feriel Nourine
Maintenant que le décret exécutif, venu dernièrement amender le cahier des charges d’août 2020, ouvre officiellement une niche à la voiture électrique en Algérie en obligeant chaque concessionnaire de souscrire à un quota de 15% de véhicules électriques, le ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables plaide pour des taxes révisées à la baisse afin de créer l’une des conditions nécessaires à l’escorte de sa démarche approuvée par le gouvernement.
Une révision qui signifie des taxes «faibles», a-t-il rappelé en ce sens dans un entretien à l’APS. «Les taxes qui y sont imposées doivent être faibles», a, en effet, suggéré M. Chitour à ce propos. Mais le ministre ne s’est pas arrêté au seul chapitre des taxes qu’il faudra assouplir au maximum. Pour ouvrir la voie à la voiture électrique, le ministre propose en outre son exonération de la vignette ainsi qu’un accès gratuit à l’autoroute, une fois le péage instauré, ou encore la mise en place d’une sorte de bonus vert.
Justifiant l’intérêt que porte son département ministériel au véhicule électrique par «sa dimension de consommation d’énergie» et par le souci de réduire la consommation des carburants traditionnels, qui coûtait en moyenne 1,7 milliard de dollars chaque année, l’intervenant a ajouté que l’introduction des véhicules électriques devrait faire partie de la politique du transport à laquelle il aspire. «L’acceptation sociale» de ce type de voitures est acquise, estimera-t-il en se référant à un sondage réalisé par l’entreprise Naftal faisant ressortir que «65% des citoyens algériens sont favorables à l’introduction des véhicules électriques». Partant, les prix qui seront appliqués ne doivent pas être dissuasifs, mais plutôt proches de ceux des véhicules thermiques», en insistant sur l’impératif de rendre son coût accessible. En ce sens, il a encore appelé à introduire des véhicules électriques qui assurent les normes de sécurité «sans qu’il y ait un excès de gadgets» et dont le prix avoisinerait les 10 000 euros/véhicule.
M. Chitour n’a pas manqué, à cette occasion, d’énumérer les atouts de la voiture électrique, notamment le fait qu’elle ne pollue pas, qu’elle est silencieuse en plus de bénéficier d’un moteur plus simple comparé à celui d’une voiture à moteur thermique qui roule aux carburants classiques. La rentabilité est un autre atout de ce type de véhicule, selon le ministre, qui a fait part d’une consommation équivalente à 70 DA d’électricité pour 100 km parcourus par une voiture électrique, contre 300 DA de carburant pour la même distance couverte par un véhicule thermique.
En supposant que 100 000 voitures électriques soient mises en circulation en Algérie d’ici à 3 ans, il a estimé leur consommation en électricité à 1 TWh par an, au moment où la consommation annuelle de l’Algérie avoisine, selon lui, les 65 TWh. Il a donc de nouveau calculé pour affirmer qu’un tel parc de véhicules électriques permettra ainsi une économie de 100 000 tonnes de carburants, soit 100 millions de dollars épargnés chaque année.
C’est pourquoi, «l’Algérie gagnerait sur toute la ligne, en optant pour la locomotion électrique», a-t-il assuré, même si, dans un premier temps, l’électricité utilisée pour alimenter les véhicules électriques sera d’origine thermique.
Concernant la disponibilité des bornes de rechargement, le ministre a rappelé l’installation récente d’une première borne au niveau de la station Naftal de Chéraga (ouest d’Alger). Cette opération s’inscrit dans une approche visant à doter toutes les stations de Naftal, publiques et privées, d’au moins une borne, a-t-il souligné. n