Les cambistes du marché informel des devises se frottent déjà les mains, quelques jours après l’annonce, par le gouvernement, d’un éventuel retour à l’importation des voitures de moins de trois ans d’âge.

Ils se disent dans l’attente de nouvelles plus détaillées sur cette décision qui, ils le savent, reste à son stade de projet, en attendant que le gouvernement lui donne un soubassement réglementaire. Il y a quelques jours, le ministre du Commerce, Saïd Djellab, avait annoncé la possibilité laissée aux Algériens peu fortunés d’importer un véhicule de moins de trois ans d’âge. Une mesure qu’il a estimée à même de contraindre les «constructeurs» automobiles à baisser leurs tarifs et daigner réduire leur marge bénéficiaire. Le marché informel des devises pourrait s’emballer si le gouvernement venait à acter officiellement sa décision, étant donné qu’il constitue l’unique source de paiement et que l’offre bancaire est réglementée et ne pourrait répondre à la demande. Les cambistes anticipent d’ores et déjà une hausse de la valeur des devises à la veille de la saison des vacances et des voyages religieux. Ils estiment, en revanche, que la décision du gouvernement d’autoriser l’importation des voitures d’occasion pourrait accentuer la tension sur le marché. Hier, sur le marché informel des monnaies étrangères, le dinar ne parvenait pas à enrayer son érosion de ces derniers jours et pourrait bien terminer la saison des vacances sur des plus-bas historiques. Un euro s’échangeait, hier, contre 215 dinars au Square Port Said, alors qu’un dollar valait 191 dinars ; la valeur des deux monnaies sont en hausse par rapport à la semaine dernière, où la principale devise européenne valait 213 dinars, tandis que le billet vert s’échangeait alors contre 190 dinars. Le dinar souffre de la conjoncture, politique et économique, faut-il le préciser, car, de tradition, les crises sont propices à la thésaurisation et les deux principales devises, l’or aussi, sont considérées comme valeurs refuge. Sa valeur ne risquerait pas de s’apprécier de sitôt. Probablement à la fin de la saison des vacances. Mais si la décision d’autoriser l’importation des véhicules de moins de trois ans d’âge est suivie d’un cadrage réglementaire, le dinar pourrait en pâtir. C’est même une certitude pour les cambistes et nombre d’économistes. Il y a quelques jours, le directeur général de la Bourse d’Alger, Yazid Benmouhoub, a mis en garde contre un éventuel effet pervers que pourrait provoquer cette décision d’autoriser l’importation des voitures d’occasion. Relevant, d’abord, le fait que cette mesure n’a pas encore été officialisée, le directeur général de la Bourse d’Alger, observe qu’elle va tout naturellement amener les personnes intéressées à devoir s’adresser au marché parallèle pour pouvoir acquérir des devises qu’elles déposeraient dans les banques et solder ainsi le prix de l’objet de leur désir. Dans la foulée, Yazid Benmouhoub juge utile, dans le cas où ce dispositif est agréé, de prévenir contre le risque de voir les monnaies étrangères flamber par rapport à un dinar déjà mal en point. Par ailleurs, au-delà de ces éléments, le dinar pourrait souffrir davantage de l’impasse politique qui semble se compliquer davantage en l’absence de consensus autour de la gestion de la transition et des pistes de sortie de crise, outres que celles garanties par la constitution.
Par ailleurs, sur le marché officiel de change, c’est le dollar qui reprend du terrain, alors que le dinar grappillait quelques gains face à la monnaie unique. En effet, les cotations hebdomadaires des billets de banque et chèques de voyage, communiquées, dimanche, par la Banque d’Algérie, ont levé le voile sur une légère dépréciation du dinar face au dollar et une appréciation face à l’euro. La valeur du dollar était fixée à 117,64 dinars à l’achat et à 124,82 dinars à la vente, tandis que la valeur de l’euro était de 131,92 dinars à l’achat et de 139,99 dinars à la vente. En variation mensuelle (la semaine allant du 14 au 20 avril 2019), la valeur du billet vert était fixée à 117,32 dinars à l’achat et à 124,49 dinars à la vente, alors que la valeur de la monnaie unique était de 132,14 dinars à l’achat et de 140,24 dinars à la vente. Il y a une année (du 20 au 26 mai 2018), la valeur du dollar était fixée à 114,34 dinars à l’achat et à 121,32 dinars à la vente. La valeur de l’euro était de 134,97 dinars à l`achat et de 143,23 dinars à la vente. n