Par Nadir Kadi
Le Directeur général du commerce extérieur au ministère du Commerce Khaled Bouchlaghem est revenu, hier, sur le processus d’adhésion de l’Algérie à la Zone de libre-échange africaine (Zlecaf). L’invité de la Chaîne I de la Radio nationale a, en effet, expliqué que cette mise en pratique de la signature du pays, en 2018, devra aboutir dans la décennie à la suppression des droits de douane pour près de 97% des produits fabriqués «à plus de 50% sur le continent» lors des échanges commerciaux entre les pays africains. En ce sens, le responsable, qui estime que «l’Algérie a pris conscience qu’elle devait sortir de sa dépendance aux hydrocarbures», a appelé les opérateurs algériens à faire connaître leurs produits : «Ces informations forment une base de données. Jusque-là nous avons eu un déficit en informations économiques précises sur les différentes branches de l’activité économique (…) Je demande aussi aux opérateurs à se réunir en fédération professionnelle, ils pourraient ainsi devenir des forces de propositions pour le pays.»
Participation de l’Algérie à la Zlecaf, qui fait en effet suite aux négociations de 2018, «l’Algérie a signé l’accord en mars 2018, puis les procédures de ratification ont été finalisées dernièrement par la voie d’un décret présidentiel (…) La prochaine étape est le dépôt des instruments de ratification au niveau de l’Union Africaine, mais aussi celui des offres tarifaires et de services». Ainsi le travail des opérateurs sur le terrain africain devrait connaître de larges modifications dans les années à venir. La première étape devra en ce sens durer «5 ans, avec une dérégulation progressive de 90% de la tarification douanière, sachant que la liste des produits soumis à la tarification comporte aujourd’hui 16 300 entrées». Puis, dans un second temps, les «7% de la tarification douanière algérienne considérés comme produits sensibles» seront progressivement dérégulés sur le marché africain dans un délai de 10 ans. L’accord de la Zlecaf permet toutefois à chaque pays de placer 3% des produits sur une «liste des produits non soumis à la dérégulation».
Responsable qui a également abordé, hier, le niveau actuel des échanges commerciaux entre l’Algérie et les autres pays du continent, Khaled Bouchlaghem reconnaît que «les échanges sont encore faibles en comparaison avec les échanges avec les autres pays». Cette situation ne serait toutefois pas réservée uniquement à l’Algérie : «Le niveau des échanges entre pays africains ne dépassent pas les 16%, alors qu’il s’établit en moyenne au niveau d’autres continents à 60 ou 70%.» Ainsi l’invité de la Radio se veut positif quant aux possibilités de l’Algérie : «Entre 2017 et 2020 il y a eu une amélioration notable (…) En 2017, les échanges entre l’Algérie et les pays africains étaient de 3,7% de l’ensemble des importations et exportations du pays avec le reste du monde. Puis le même indicateur est arrivé à 4% en 2018, 4,5 en 2019 et, en 2020, il s’est établi à 5% (…) C’est une évolution certes légère, mais elle encourage les opérateurs.» D’autant qu’un rapport de l’agence de l’Union Africaine pour le développement évalue le marché africain à plus de 3 000 milliards de dollars d’échange.
Quant à l’adaptation et la préparation des opérateurs économiques algériens, Khaled Bouchlaghem explique : «Nous partons du principe que l’opérateur économique est le premier pilier de toute politique économique et commerciale (…) Nous avons organisé plusieurs réunions avec des représentants du secteur, notamment pour la protection de la production nationale et la prise en compte des préoccupations des exportateurs (…) Il y a des choses qui doivent changer, notamment la mentalité de travail.» Et l’objectif pour le pays, ajoute en substance le responsable au ministère du Commerce, reste le développement des exportations à un minimum de 5% de produits hors hydrocarbures. Une ambition qui serait déjà sur la bonne voie : «La moyenne des exportations hors hydrocarbures au premier trimestre 2021 a enregistré une hausse (…) Elle est à 11% alors qu’elle était ces dernières années à 3 ou 4%». Quant au montant, il reste relativement faible, mais en hausse : «Les explorations durant le premier trimestre de l’année s’établissent à 870 millions de dollars, alors que le même indicateur était à la même période de 2020 à 547 millions de dollars.» Les principaux produits exportés sont quant à eux, selon Khaled Bouchlaghem, «le ciment, le sucre, les dattes ou encore les engrais et produits chimiques». n