Le Front des forces socialistes (FFS) a tenu, vendredi, une session extraordinaire de son Conseil national, la première après l’organisation du Congrès qui a vu le parti se doter d’une nouvelle instance présidentielle mettant fin à une crise organique de plus d’une année.

C’est l’occasion pour le parti de s’exprimer sur les questions de l’heure, notamment le projet de révision constitutionnelle dont le référendum populaire est programmé pour la date du 1er novembre 2020, c’est-à-dire dans deux mois. Le FFS pointe, à ce propos, la reconduction, par le régime, de la politique des «passages en force», réitérant sa préférence stratégique pour un processus constituant. «Nous avons appris par voie de presse la convocation du corps électoral, le 15 septembre prochain et la date du 1er novembre pour y tenir un référendum sur la nouvelle Constitution. Malgré nos alertes et en dépit des longs mois qui ont jalonné la révolution populaire enclenchée le 22 février 2019, le régime a décidé de reconduire la politique des passages en force pour se perpétuer», a indiqué l’Instance présidentielle du parti à l’ouverture de cette session du Conseil national.
«Face aux menaces extérieures qui guettent notre pays, nous considérons que seul un Etat démocratique fort de la légitimité populaire, garant d’une émancipation, politique, sociale et économique de son peuple est en mesure de préserver la souveraineté nationale», a expliqué la nouvelle direction du FFS. Evoquant «des dangers majeurs qui menacent notre souveraineté chèrement acquise et qui œuvrent en sourdine pour torpiller les dernières digues patriotiques contre l’ingérence étrangère sous toutes ses formes», le FFS a réitéré son «attachement viscéral, à la construction d’un consensus politique national et l’amorce d’un véritable dialogue inclusif, sincère et responsable».
Raison pour le vieux parti de l’opposition de plaider un processus constituant. «Au FFS, à l’instar de l’écrasante majorité du peuple algérien, nous considérons que seul un processus consatituant, nous permettra de construire des institutions réellement démocratiques et représentatives. C’est le même processus d’ailleurs, qui devra nous doter de la première constitution qui reflétera les aspirations et les attentes du peuple algérien», est-il indiqué. «Notre parti n’a pas omis de mettre en garde le pouvoir en place sur les risques d’échecs à vouloir imposer d’une manière unilatérale et autoritaire, une feuille de route politique et un référendum pour adopter une nouvelle Constitution pour le pays, que seule une Assemblée nationale constituante a la légitimé d’élaborer», a ajouté l’IP du FFS.
Le parti pointe une gouvernance qui «se contente de mesures conjoncturelles et superficielles, alors que la sortie de la crise multidimensionnelle actuelle requiert des réformes structurelles et systémiques de l’Etat et de ses institutions».
Dans ce sillage, le FFS a fait part de son engagement de continuer à «dénoncer le recours à la répression policière et judiciaire pour museler et éteindre les voix qui réclament d’une manière pacifique et responsable leur droit à s’exprimer et à manifester. De même que nous ne cesserons pas d’exiger la libération sans délai de tous les prisonniers politiques et les détenus d’opinion».
Concernant la gestion de la crise sanitaire, le parti a rendu «un hommage soutenu au personnel médical dans son ensemble pour son engagement courageux et sans répit pour contrecarrer la pandémie ravageuse de la Covid 19», pointant ce qu’il qualifie de «déliquescence du secteur de la santé qui souffre depuis des années à l’image des autres secteurs du pays, de manque de moyens et d’absence criarde d’une réelle volonté pour instaurer les changements durables et appropriés». n

Nouveau secrétariat et des interrogations
La tenue de la session extraordinaire du Conseil national a été également l’occasion pour le parti d’annoncer la composante du secrétariat national qui travaillera sous la houlette du premier secrétaire Youcef Aouchiche. Pléthorique avec une quarantaine de membres, le nouveau secrétariat du FFS peut présenter ce handicap d’être composé essentiellement de militants très impliqués dans la crise organique qu’a traversé le parti au lendemain du congrès extraordinaire du 20 avril 2018.
«… Juste après l’installation du secrétariat national du parti et du comité d’éthique, qui complétera la composante de la Direction nationale, il sera question dans les prochains jours, d’arrêter une feuille de route organique claire et efficiente pour engager le processus de préparation du 6e congrès national ordinaire», a indiqué l’IP du FFS. D’aucuns, dans l’entourage du parti, s’interrogeront sur le rôle réel qui sera dévolu au Comité d’éthique alors que les crises récurrentes du parti montrent que cette instance n’a servi qu’à entériner des décisions d’exclusions et de radiations qui sont souvent infondées et obéissant plutôt à des règlements de compte personnels.