Le processus d’amendement constitutionnel, dont le projet est effectif depuis l’installation du comité d’experts, chargé de rédiger une mouture de la loi fondamentale à soumettre au Président de la République, dans un délai de deux mois, pour atterrir ensuite au Parlement et passer à l’approbation référendaire, n’est pas du goût du Front des forces socialistes (FFS).
Partisan d’un processus constituant et membre des Forces de l’alternative démocratique, qui plaide pour une « transition constituante », le FFS estime que la démarche de la révision constitutionnelle révèle que le régime n’est pas encore prêt à « lâcher ». « Pour se convaincre que le régime ne lâchera pas le pouvoir de son plein gré, il suffit d’observer le processus non démocratique, engagé pour apporter des amendements à la Constitution, avec une rédaction par des experts sous la dictée du pouvoir, son adoption par une Assemblée illégitime et impopulaire et sa consécration par un référendum sous le contrôle de ce même régime, et ce, quel que soit le taux de participation qu’on sait d’avance quasiment nul », écrit le FFS dans une déclaration rendue publique hier.
Le parti évoque aussi comme indice que « le régime ne lâchera pas le pouvoir », ce qu’il désigne par « la poursuite des mesures de répression et des arrestations arbitraires, le refus de toute libération inconditionnelle des détenus politiques et d’opinion et le non-abandon des poursuites judiciaires ». Appelant les Algériens à poursuivre « leur révolution pacifique jusqu’à la réalisation de ses objectifs », le FFS dénonce toutes « les manœuvres qui visent à étouffer les revendications de la révolution pacifique du peuple algérien, qui aspire à un changement radical du système et non à un ravalement de façade ».
Il rappelle, dans ce sens, que les revendications légitimes du peuple
« ne peuvent être satisfaites que par l’élection d’une Assemblée nationale constituante dont la mission est l’élaboration d’une nouvelle Constitution consensuelle adoptée par un référendum populaire, prélude à l’avènement de la deuxième République qui est la seule perspective de sortie de crise ».
Le FFS considère que « les exigences de cette révolution pacifique, sur le plan politique, économique, social, culturel, ne peuvent être satisfaites que dans le cadre d’une transition démocratique pour instaurer un Etat de droit civil, démocratique et social». Le parti a rappelé, par la même occasion, sa fidélité « aux idéaux de la Révolution » en ne cessant pas depuis sa création, « de revendiquer le libre exercice du peuple algérien de son droit à l’autodétermination pour choisir ses institutions à travers une Assemblée nationale constituante et d’appeler les tenants du pouvoir à respecter ce droit, tout en sensibilisant le peuple à se mobiliser pacifiquement pour arracher ce droit ».
Le FFS « se réjouit de voir que ce combat n’a pas été vain et se poursuit avec tout le peuple rassemblé dans la Révolution du 22 février, pour conquérir une nouvelle indépendance avec l’objectif de se libérer d’un régime dictatorial après s’être libéré du joug colonial », peut-on lire dans la déclaration.
Par ailleurs, le FFS a exprimé sa préoccupation quant aux évolutions enregistrées ces dernières semaines dans la région notamment la situation en Libye. Evoquant à ce titre un « contexte régional et international menaçant à nos frontières », le FFS affirme réitérer « son attachement indéfectible à la défense de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale et de l’unité de son peuple», exprimant « sa solidarité au peuple frère libyen et son souhait que la crise actuelle trouve sa solution dans le cadre de la légalité internationale et du dialogue entre Libyens ».