La formation du MSP devrait prochainement afficher sa position officielle vis-à-vis de la mouture de la révision constitutionnelle. C’est ce qu’elle a déclaré, avant-hier, dans un communiqué après une réunion de son bureau exécutif le 8 mai dernier. Le tour de table de l’instance dirigeante du parti s’est, cependant, prononcé dans un premier avis sur la mouture. Son appréciation déclinée en neuf points ne déroge pas au langage politique d’opposition du parti. Elle reste accompagnée de critiques et de réserves exprimées sous la forme d’interrogations sur la réforme qu’entend opérer le chef de l’Etat dans le système politique actuel et le partage des pouvoirs. Notamment entre le président de la République et le vice-président dont il souhaite créer le poste, entre exécutif et législatif, sans compter la place des assemblées élues locales et leurs marges de décision et d’exécution…
Sur la nature du système politique, le bureau exécutif du MSP, qui déclare que le débat sur la mouture réalisée par le comité des experts, présidé par le professeur Laraba, sera élargi à la base du parti, estime que le texte maintient le «flou », reprochant un caractère «hybride » du régime proposé qui n’est ni présidentiel ni parlementaire ni semi-présidentiel, selon l’argument développé dans le communiqué. La direction politique du MSP s’inquiète de l’absence d’obligation pour une majorité, en cas de victoire aux élections législatives, de nommer un chef du gouvernement de ses rangs. Cela «prive la majorité de son droit de gestion et d’exercice du pouvoir », relève le bureau exécutif qui dit s’inspirer de la dynamique libératrice créée par le Hirak et qui, prosaïquement, semble plutôt partisan d’une cohabitation présidence-gouvernement si un tel scénario est rendu possible par les urnes.
Autre réprobation exprimée par la formation islamiste, «l’opacité » ou le «flou » entourant le statut et les attributions du futur vice-président, pour lesquelles elle souhaite des dispositions plus claires, est-il dit dans son communiqué qui avertit également d’un «probable recul en ce qui concerne la liberté de créer des associations » et de restrictions pour les médias. Elle redoute également le rôle important des institutions désignées notamment celles administratives au détriment des assemblées élues, ce qui constitue une entorse à la démocratie participative et de l’orientation décentralisante ». Ainsi que l’alternative pour le chef de l’Etat de «légiférer par ordonnance y compris pendant la session du Parlement ». Le MSP considère à ce sujet que le texte consacre «un recul de l’indépendance de la justice en l’absence de garanties pour les juges et à travers aussi le maintien du Haut-conseil de la magistrature sous l’autorité du pouvoir exécutif ».