La campagne référendaire pour la révision constitutionnelle aborde, aujourd’hui, son dernier jour qui verra sans doute les partisans du projet affûter leurs armes en vue de convaincre les citoyens d’aller voter le 1er novembre prochain, alors que les opposants actifs, à l’image des formations islamistes, notamment le FJD et le MSP, tentent d’investir les réseaux sociaux pour critiquer la démarche et le contenu jugé «laïcisant» de la mouture de la future loi fondamentale.

Cette campagne s’est distinguée, au départ, par la forte contribution du mouvement associatif avant que les formations politiques, notamment le FLN et le RND, ne surmontent leur hésitation et les appréhensions qu’elles nourrissaient quant à une éventuelle hostilité des populations opposées à cette échéance.
En effet, les partis de l’ancienne alliance semblent avoir réussi le pari d’animer de nouveau des actions publiques, eux qui étaient disqualifiés par le mouvement populaire et qui ont été contraints de compter sur de nouvelles directions suite à l’incarcération de leurs anciens leaders.
Les observateurs ne manquent pas de s’interroger cependant quant à la pertinence, pour les porteurs de ce projet de révision constitutionnelle, de laisser ces partis, si marqués par leur affiliation au règne de Bouteflika, se charger de faire la promotion de la révision constitutionnelle.
En plus de ces appuis politiques, le gouvernement s’est fortement mobilisé dans la campagne de sensibilisation avec ce point d’orgue de la déclaration du Premier ministre, Abdelaziz Djerad, qui a indiqué «s’en remettre aujourd’hui au peuple pour qu’il dise son mot sur le projet d’amendement de la Loi fondamentale est une réponse aux revendications exprimées par le Hirak populaire authentique en faveur de l’application des articles 7 et 8 de la Constitution qui disposent que le peuple est la source de tout pouvoir et que la souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple».
Accompagnant la démarche et le projet de révision, le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), Saïd Chanegriha, a multiplié, lui aussi, les déclarations sur le rendez-vous référendaire à l’occasion de ses dernières sorties dans les régions militaires. «Faire de ce rendez-vous électoral important du référendum sur le projet de révision de la Constitution une réussite nous interpelle, en tant qu’Algériens, à faire preuve, plus que jamais, de davantage d’abnégation et de privilégier la voix de la raison et du bon sens, loin des intérêts personnels étroits, car nul autre intérêt ne peut s’élever au-dessus de l’intérêt de la patrie», a-t-il déclaré avant-hier à Ouargla.
Du côté des opposants, c’est le discours à connotation idéologique qui a dominé la campagne, particulièrement au sein du FJD d’Abdallah Djaballah et du MSP d’Abderezak Makri, qui continuent de crier à un texte en déphasage avec la personnalité algérienne, reprochant au comité Laraba, chargé de la rédaction de la mouture, une orientation qui ne tiendrait pas compte des «constantes nationales». Plus que le contenu et le profil dudit comité, le MSP et le FJD sont montés au créneau plusieurs fois pour condamner les «restrictions» qu’ils subissent de la part de l’administration qui interdit leurs activités politiques dans le cadre de leurs campagnes de rejet de la révision constitutionnelle.
La campagne référendaire a été également la faille qui a vu les acteurs politiques ne pas se soucier du contexte d’urgence sanitaire en organisant des meetings sans le moindre respect des mesures barrières. Elle a été par ailleurs marquée par les dérapages verbaux notamment celui du ministre de la Jeunesse et des Sports contre ceux «agacés par la constitutionnalisation de la déclaration du 1er novembre». En matière de couverture de l’échéance par les médias étrangers, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a indiqué avoir octroyé 17 accréditations provisoires sur 25 demandes émanant de médias étrangers qui ont émis le vœu de couvrir le référendum.