Moins de 48 heures après son adoption, jeudi, par l’Assemblée populaire nationale, le projet de loi portant révision constitutionnelle sera soumis, aujourd’hui, au vote du Conseil de la nation où il devrait passer sans aucune peine et ouvrir la voie au référendum populaire prévu le 1er novembre prochain.

Entre-temps, le texte a été présenté hier par le Premier ministre aux commissions concernées du Sénat et la séance de débats et de vote, d’aujourd’hui, viendra clôturer un week-end politico-parlementaire exclusivement consacré à cette révision constitutionnelle.
Abdelaziz Djerad a, à l’occasion, réitéré le même discours que celui étalé devant l’APN pour la promotion du projet et la justification d’une révision constitutionnelle, classée comme priorité cardinale des engagements du président de la République pour aller vers une «Algérie nouvelle». D’où cette «rupture totale» que vise cette démarche, a encore soutenu M. Djerad, soulignant que cette rupture se fera avec «les pratiques du passé tant en termes d’élaboration que de contenu». Ce projet vient en réponse «aux aspirations du peuple à édifier un véritable Etat démocratique qui mettra l’Algérie à l’abri des dérives autoritaires et despotiques qu’elle a connues», a-t-il ajouté.
L’adoption par l’APN du projet de révision constitutionnelle ne laissait, bien-sûr, aucun doute ni suspense préalables se dégager de l’Hémicycle Zighoud-Youcef qui venait d’être ébranlé par les révélations faites devant le juge par l’ex-député Tliba sur le commerce mafieux des listes FLN lors des élections législative de 2017. Le «oui» à l’unanimité des députés a d’ailleurs été expliqué à travers le discours du président de la chambre basse, Slimane Chenine, qui a suivi le vote. Un vote considéré comme «une admission, une confirmation, voire une conviction vis-à-vis du droit du peuple à l’élection, ce peuple pour lequel le Président Tebboune s’était engagé à placer en tête des priorités, en lui permettant de l’accompagner dans la prise de décisions et en y recourant pour consultation pour les causes importantes aux yeux de l’Etat et de la société», a soutenu M. Chenine. Ajoutant que «l’adoption, aujourd’hui, du projet de révision de la Constitution, avant de le soumettre au référendum populaire, sera le point de départ pour le parachèvement de l’édification des institutions de l’Etat selon une nouvelle vision».
Le P/APN met déjà le cap sur le référendum du 1er novembre et n’hésite pas à anticiper sur ses résultats en affichant sa confiance en faveur d’une révision de la Constitution telle que contenue dans le texte adopté jeudi. «Le peuple accueillera favorablement les révisions apportées à la Constitution qui porte en elle un changement radical loin du spectre de la personnalisation, du monopole et la dominance vers l’extension et la répartition des prérogatives aux institutions, la prospective des crises et des mutations sociétales», partant de la conviction que ce projet «répond aux besoins et exigences de la nouvelle République ainsi qu’à une des principales revendications du Hirak populaire, à savoir l’application des articles 7 et 8 de la Constitution, permettant ainsi au peuple de s’attacher à sa souveraineté et d’avoir son mot à dire dans toutes les questions relatives au pays et à l’Etat».
Pour rappel, le projet de révision constitutionnelle a été élaboré à la lumière des éléments sélectionnés par le comité d’experts chargés de la révision constitutionnelle, parmi les propositions reçues de la part des différentes franges de la société, de personnalités nationales et de forces politiques, et dont le nombre s’élève à 5 018. Le texte adopté jeudi par les membres de l’APN, et devant connaître la même issue aujourd’hui au Sénat, comprend une série de propositions réparties sur six axes. Il s’agit des «droits fondamentaux et libertés publiques», du «renforcement de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs», de «l’indépendance de la justice», de «la Cour constitutionnelle», de la «transparence, prévention et lutte contre la corruption» et de «l’Autorité nationale indépendante des élections». n