Jeudi 17 novembre, à l’occasion de l’examen de la réforme du Conseil de sécurité, le représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, Nadir Larbaoui, a souligné devant l’Assemblée générale des Nations unies la nécessité de remédier à l’injustice historique subie par le continent africain au sein de l’instance suprême onusienne.

Par Selma Allane
«Le moment est venu pour que la communauté internationale puisse remédier à cette injustice persistante de longue date, en particulier lorsqu’elle traite de la question relative à l’attribution de sièges permanents et non permanents aux pays africains au sein du Conseil de sécurité élargi et ce, en augmentant la présence et la représentation de l’Afrique, comme établi par le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte, qui ont été adoptés par l’Union africaine en 2005 et devrait être reflété dans les prochaines négociations intergouvernementales», a indiqué l’ambassadeur.
Nadir Larbaoui a déclaré que «conformément aux principes et objectifs des Nations unies, en particulier le principe de l’égalité souveraine entre tous les Etats membres, attache une grande importance à la question de la réforme et de la représentation équitable au Conseil de sécurité, qui est l’un des principaux piliers du processus de réforme globale.»
L’Algérie, a-t-il ajouté, est «l’un des premiers pays qui a appelé et encouragé le processus d’élargissement de la composition du Conseil de sécurité et d’amélioration de ses méthodes de travail et participé activement aux premières réunions du Groupe de travail à composition non limitée sur la réforme du Conseil de sécurité».
En tant que membre du Comité des dix (C10) de l’Union africaine sur la réforme du Conseil de sécurité, l’Algérie, a affirmé son représentant permanent, «considère toujours les négociations intergouvernementales comme la seule plateforme pour discuter du processus de réforme conformément à la résolution 62/557 adoptée par l’Assemblée générale le 15 septembre 2008». Cette résolution stipule que les positions et propositions des Etats membres doivent être prises comme base de négociation et souligne l’importance et la nécessité de tenir compte de l’équilibre entre les cinq principales questions du processus de réforme du Conseil de sécurité, au moment de commencer à s’engager dans la conduite des prochaines négociations.
M. Larbaoui a averti, dans son discours, que toute initiative pressée obligeant les Etats membres à lancer des négociations sur la base de textes non consensuels n’exprimant que l’opinion des deux co-présidents, «pourrait conduire à des résultats contre-productifs contraires aux objectifs de ces négociations et que, par conséquent, les Etats campent sur leurs positions tout en exacerbant leurs différends». C’est pourquoi le délégué de l’Algérie a appelé à accorder une grande importance aux négociations intergouvernementales internationales sans imposer des initiatives ou des textes qui ne recueillent pas l’accord de tous les Etats membres, ou fixer un calendrier inadapté ou adopter une approche fragmentée et sélective non conforme à l’esprit de réforme globale et qui ne répond pas aux souhaits et aspirations de tous les Etats. «Les réalités géopolitiques actuelles sur la scène internationale imposent à la communauté internationale une réforme globale du Conseil de sécurité de manière consensuelle dans le cadre des prochaines négociations intergouvernementales et de parvenir véritablement à une représentation juste et équilibrée au sein du Conseil de sécurité, afin d’appuyer son rôle dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales», a-t-il conclu.
La question de la réforme du Conseil de sécurité est apparue pour la première fois à l’ordre du jour 1979, il y a quarante-trois ans. En 2005, il y a dix-sept ans, les dirigeants du monde entier ont exprimé leur soutien à une «réforme rapide» du Conseil et qu’il y a 13 ans, l’Assemblée a lancé le processus de négociations intergouvernementales, a rappelé le Président de l’Assemblée générale, le Hongrois Csaba Kőrösi.
Sans réelle avancée. Dans une déclaration, jeudi, 17 novembre, il a rappelé le contexte des crises imbriquées qui ont placé le système multilatéral dans une situation difficile. Il a dit parler des guerres, des changements climatiques, de la dette insoutenable et des crises alimentaires, énergétiques et sanitaires. La guerre en Ukraine n’a fait qu’aggraver cette situation, obligeant les pays à faire des choix sans précédent, a-t-il souligné.
Pour mémoire, la réforme du Conseil de sécurité porte sur cinq grandes thématiques, à savoir la catégorie des membres, la représentation géographique, la taille et les méthodes de travail, la question du droit de veto et les relations avec l’Assemblée générale.