Elaborer un cahier des charges adéquat après consultation des opérateurs, définition pertinente du mode de financement, impliquer les acteurs locaux de la filière, tirer les leçons des échecs ou des expériences du passé sont autant de conditions de réussite de l’appel d’offres relatif à cette première tranche de 1000 MW et qui ne sont pas encore réunies.

Par Khaled Remouche
Le cluster énergie solaire, ce groupement d’opérateurs de la filière, a salué à travers la voix de son Directeur général Boukhalfa Yaici, contacté hier par Reporters, la décision du Conseil des ministres de dimanche dernier de relancer le programme de développement des énergies renouvelables. A cet égard, le Président de la République a ordonné la mise en oeuvre immédiate du plan d’action proposé en matière de transition énergétique en ce qui concerne le développement de l’hydrogène vert et au lancement du programme de réalisation de 1000 MW d’énergie solaire durant l’année en cours, lit-on dans le communiqué officiel rendu public à l’issue de cette réunion.
Ces 1000 MW s’insèrent dans le programme du gouvernement qui vise, rappelons-le, d’ici 2024 à réaliser 4000 MW de capacité de production électrique à partir des énergies renouvelables. Il s’agit, commente ce spécialiste, d’un engagement ferme du Président de la République à lancer cette première tranche en 2021. On n’est plus dans la logique de 2017, où on avait un chef d’orchestre absent et où aucune décision n’était prise pour relancer ce programme de développement des énergies renouvelables. Pour Boukhalfa Yaici, le chef de l’Etat a répondu au cluster qui a l’appelé ces derniers jours à intervenir pour relancer ce programme de développement des énergies renouvelables. Il faut savoir que depuis le lancement en 2018 d’un appel d’offres de 200 MW, aucun autre appel d’offres n’a été lancé, d’où la part très faible de la production d’électricité à partir de sources renouvelables dans le bilan énergétique national. Le cluster énergie solaire a demandé que cet appel d’offres de 1000 MW soit décomposé en tranches de 250 MW pour permettre une réelle implication des opérateurs locaux dans la réalisation des centrales photovoltaïques d’une capacité globale de 1000 MW. Boukhalfa Yaici considère que l’implication des acteurs locaux dans ce programme est un acquis. Le Président de la République a toujours appelé à la participation des opérateurs nationaux dans la réalisation des programmes économiques ou industriels nationaux. L’illustration de cette orientation est l’interdiction, ajoute Boukhalfa Yaici, décidée par le Conseil des ministres de dimanche dernier, de l’importation de groupes électrogènes fabriqués localement. Pour que cet appel d’offres soit lancé rapidement, il convient au demeurant de passer par des préalables, notamment élaborer un cahier des charges. Les pouvoirs publics pourront puiser de l’expérience acquise en matière de cahiers des charges concoctés antérieurement. Le cluster énergie solaire, qui a une expérience dans ce domaine, appelle à ce qu’il soit consulté avant la finalisation du cahier des charges pour que réussisse cet appel d’offres. Selon des informations parvenues au cluster, compte tenu du retard pris dans le lancement de cet appel, ce n’est pas la société créée par Sonatrach et Sonatrach qui va lancer cet appel d’offres, mais le ministère de la Transition énergétique. Car cette société ne pourra être opérationnelle que dans un mois ou deux. Les prochains appels d’offres seront probablement lancés par cette société conjointe dont l’atout est la caution de Sonatrach qui pourrait inciter des investisseurs étrangers à s’impliquer dans ce programme. Quant au financement de cette tranche de 1000 MW qui représente un montant de 800 millions à 1 milliard de dollars, estime Boukhalfa Yaici, il reste, semble-t-il, problématique en ce contexte de crise financière. Les alternatives de financement comme le partenariat public-privé ou le project financing sont des options, mais qui pour l’instant ne sont pas encore retenues. Ce point important dans l’accélération du programme de développement des énergies renouvelables mérite un débat urgent de spécialistes du domaine et de financiers ainsi qu’un benchmarking passant en revue les expériences de financement des ENR par des pays, notamment de la zone Mena pour trancher les solutions à cette problématique.
Pour rappel, le ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, Chems Eddine Chitour, avait déclaré en mars dernier que l’avis d’appel d’offres pour la production de 1.000 mégawatts (MW) de source photovoltaïque sera lancé au mois de juin prochain.