Par Hakim Ould Mohamed
Les nouvelles mesures prises par l’Exécutif dans le projet de loi sur l’investissement ont été favorablement accueillies par le patronat. Après avoir été débattue et validée en Conseil des ministres, réunis en entrevue spéciale le jeudi dernier, les chefs d’entreprises, s’exprimant à différentes occasions, cette semaine, y ont vu, un tremplin vers une nouvelle ère qui semble déblayer le terrain vers plus de stabilité et plus de visibilité. C’est, du moins, ce que pense Abdelwahab Ziani, Président de la CIPA (Confédération des industriels et producteurs algériens), rencontré, hier, en marge d’une conférence sur la garantie financière comme outil de financement des PME, organisée par le FGAR. «Je constate qu’on a désormais plus de visibilité. Nous en avions besoin. Et pour moi, le Président de la République vient d’envoyer un signal fort aux investisseurs en leur permettant d’avoir plus de visibilité, plus de stabilité et plus d’avantages dans le cadre de la nouvelle loi sur l’investissement. Mieux, la bureaucratie qui était depuis toujours le principal handicap auquel étaient confrontées les entreprises est désormais pénalisé ; entraver un investisseur relève désormais du pénal, on ne pouvait pas s’attendre à mieux que cela», a estimé Abdelwahab Ziani, patron de la CIPA, approché, hier, par Reporters. Selon lui, la situation dans laquelle l’économie du pays a sombré ces deux dernières années, durement affectée par la situation sanitaire, doit être un électrochoc pour tous les acteurs économiques. «Il nous faut agir vite et fort», estime le président de la CIPA, convaincu que le projet de nouvelle loi sur l’investissement est de nature à faire bouger les lignes au niveau du monde économique. «Un assainissement de l’environnement dans lequel évolue l’entreprise, avec, comme principales mesures, une stabilité juridique garantie pour au moins une dizaine d’année, une visibilité plus claire ainsi qu’une lutte on ne peut plus engagée face à la bureaucratie, sont en somme les principales revendications formulées par les chefs d’entreprises depuis maintenant plusieurs années. Le gouvernement a su y répondre, en attendant la mise en application de ces mesures qui, pour moi, répondent parfaitement à ce que le monde du travail aspirait sans cesse», soutient Abdelwahab Ziani. De son côté, Mohand-Said N’Ait Abdelaziz, président du CNPA, mais surtout le responsable de la nouvelle union du patronat algérien, née récemment pour répondre à la demande de l’Exécutif de faire une lecture de la nouvelle loi sur l’investissement ainsi que des propositions de nature à améliorer le contenu, y voit un texte plein d’ambitions. «Une ambition que nous avons touchée concrètement à maintes reprises, aussi bien chez le chef de l’Etat qu’auprès de son gouvernement représenté par le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane, que nous avons rencontré tout récemment», nous a indiqué Mohand-Said N’Ait Abdelaziz, rencontré, également hier, à la conférence organisée par le FGAR (Fonds de garantie des crédits à la petite et moyenne entreprise). «Avec cette nouvelle loi, nous entrevoyons la lumière du bout du tunnel. Nous disions depuis toujours qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Il est désormais temps de se mobiliser sur le terrain pour faire aboutir cette loi. Le Premier ministre qui nous a reçus a fait montre d’une grande volonté d’impulser la mise en œuvre de cette nouvelle loi afin qu’elle puisse répondre pleinement aux aspirations de l’entreprise. Nous, en tant que chefs d’entreprises, nous sommes engagées afin de relever le défi de cette concrétisation et celui de la croissance. Nous avons perdu beaucoup de temps, mais je pense que nous sommes résolument sur la bonne voie», estime Mohand-Said N’Ait Abdelaziz qui chapeaute désormais le travail de réflexion de l’ensemble des organisations patronales autour de cette nouvelle loi sur l’investissement. Le pacte de «stabilité» et de «visibilité» que propose l’Exécutif aux investisseurs à travers cette nouvelle loi semble répondre aux préoccupations du monde patronal. Mais il est désormais urgent que ce patronat formule ses suggestions et le Parlement valide la mouture finale pour que le texte soit enfin mis en œuvre. n