Alors que les syndicats du secteur ne cessent de décrier les failles observées dans le projet de loi sanitaire, le ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui préfère, de son côté, promouvoir les points forts de ce texte de loi à l’instar des textes prévus pour compléter et actualiser le cadre juridique pour le développement de la greffe.

«Ce qui nous réunit, aujourd’hui, c’est le développement de la greffe. Le projet de la nouvelle loi sanitaire, actuellement en cours de discussion et d’enrichissement au niveau de l’Assemblée populaire nationale, va actualiser et compléter le cadre juridique et offrir ainsi toutes les conditions règlementaires permettant le passage à un niveau supérieur», a souligné le ministre à l’ouverture d’un séminaire sur l’évaluation annuelle de la transplantation d’organes. Un passage supérieur synonyme de prélèvements d’organes à partir de donneurs en état de mort encéphalique, a indiqué le ministre. En précisant qu’«il ne faudra surtout pas attendre la promulgation de la loi pour le faire». Dans ce sillage, le ministre a recommandé «la coordination hospitalière qui doit permettre à tous les intervenants de maîtriser tous les codes et protocoles en la matière». Ajoutant qu’il «est évident que le geste du prélèvement et celui de la greffe ne peuvent se faire durablement que dans le cadre d’un projet d’établissement impliquant tous les acteurs». Aussi, le ministre a préconisé la mise en place d’une agence nationale des greffes. «Nous estimons que les moyens sont aujourd’hui réunis pour mettre en place une stratégie globale d’organisation de la greffe pour que cette dernière ne soit plus le produit d’initiatives individuelles, mais bel et bien la résultante d’un plan d’action global et intégré», a-t-il précisé. A cette occasion, Hasbellaoui a appelé l’ensemble des ministères à encourager le développement de la greffe qui «ne fera plus de la greffe hépatique un évènement exceptionnel, mais qui devra toucher à terme, tous les organes et tous les tissus». 

Cependant, il a relevé que malgré les avancées enregistrées dans le domaine de la transplantation d’organes, «l’activité de greffe est en-deçà des besoins au regard du nombre d’insuffisants rénaux et hépatiques, pour ne parler que de ces deux pathologies».
Selon le ministre, en matière de greffe rénale, la moyenne annuelle tourne autour de 230 greffes «dans le meilleur des cas», qualifiant ce nombre de «très peu» du fait des demandes éligibles potentielles qui se comptent par «plusieurs milliers». «Nous pouvons faire mieux sachant que le meilleur bilan est présenté par la jeune équipe de Batna, dont le dynamisme gagnerait à toucher les équipes du centre, plus anciens et souvent mieux équipés», a-t-il dit, félicitant ainsi cette équipe de Batna qui vient de dépasser sa 200e greffe rénale.
M. Hasbellaoui a également relevé que la greffe à partir de donneurs vivants commence à montrer «ses limites objectives», estimant que «la seule alternative réside dans la mise en place d’un cadre organisationnel adéquat assurant le développement de la greffe d’organes, de tissus et de cellules à partir de donneurs en état de mort encéphalique».