Cinq jours sont passés sur les dix qui leur sont accordés afin de soumettre leurs propositions pour enrichissement du contenu de la future loi électorale et les partis politiques semblent globalement vouloir prendre leur temps. A l’exception visible du Mouvement de la société pour la paix (MSP), qui a annoncé avoir installé une instance consultative nationale pour étudier et décortiquer la copie remise par le comité Laraba aux formations politiques depuis mercredi sur orientation du président de la République.

Signe de l’enthousiasme qu’affiche d’ores et déjà pour les prochaines échéances électorales anticipées, le parti présidé par Makri a souligné avoir relevé des «changements importants» dans la mouture, plaidant pour «davantage d’enrichissement, de débat et de consensus» autour du texte appelé à encadrer les scrutins à venir. Le MSP réserve un accueil favorable à ce texte conçu pour le changement proposé au système électoral en vigueur, estimant qu’il «permettra une participation plus large des électeurs et une compétitivité plus accrue entre les candidats sur l’ensemble des circonscriptions électorales».
«Le nouveau cadre électoral doit être une consécration d’une vision commune et unificatrice qui naîtra d’un débat général», soutient le parti, qui considère qu’éloigner l’argent sale «est l’affaire de tous». Estimant nécessaire «d’exiger des critères de candidature et respecter le principe d’égalité entre les partis car le contrôle des élections commence par une volonté politique et une implication de toutes les institutions de l’Etat».
Pour sa part, le chef du Rassemblement national démocratique (RND), Tayeb Zitouni, a fait part d’une «consultation engagée dans les structures du parti impliquant les militants de base en vue de débattre de ce texte important». La même démarche a été également privilégiée par le parti du Front de libération nationale (FLN), qui dit attendre, d’ici à lundi, les conclusions du groupe de travail mis en place dans la finalité de formuler des propositions d’enrichissement. Autrement dit, le FLN et le RND sont à l’heure des futurs rendez-vous électoraux comme le suggère le regain de leurs activités organiques à travers le pays. Idem pour le mouvement islamiste El Islah, qui a exprimé, hier, par la voix de son président Filali Ghouini, son adhésion à l’esprit de la mouture de la future loi organique relative au régime électoral, estimant que «l’élaboration de ce texte va nous amener à opérer un bond qualitatif» vers «un système électoral ouvert et transparent». Ghouini, qui s’exprimait à l’occasion de la session extraordinaire du bureau national du parti consacrée à l’adoption de la mouture du code électoral, a estimé que «les amendements apportés sont de nature à rétablir la confiance entre le citoyen et les Assemblées élues».
Pour leur part, les formations politiques de la mouvance démocratique semblent patienter sur la question, du moins pour le moment, en attendant vraisemblablement une meilleure visibilité. Ce qui est sûr, c’est qu’au sein de ces partis politiques, le débat autour du régime électoral ne semble pas à l’ordre des priorités. Le PT, à titre d’exemple, n’a fait qu’évoquer le sujet, la semaine écoulée, en soutenant que ce texte de loi organique «vient comme suite à l’amendement constitutionnel du 1er novembre dernier rejeté par 80% de la population».
Il faut rappeler qu’en date du 7 janvier, le président Tebboune a instruit le comité Laraba à l’effet de distribuer une mouture du projet de loi aux partis politiques, «pour enrichissement avant l’élaboration de la mouture finale».