Les formations politiques ont été destinataires, depuis hier, de la copie de la mouture portant avant-projet de loi organique relatif au régime électoral, dont le texte final constitue l’assise réglementaire pour les prochaines échéances électorales, à commencer par les législatives et locales anticipées prévues dans les mois à venir.

Un délai de dix jours a été accordé aux partis politiques pour formuler leurs propositions d’amendement et enrichissements sur la base de la mouture de la commission Laraba, qui aura à peaufiner sa copie et la remettre au premier magistrat du pays.
Tentant d’apporter des nouveautés notamment en ce qui concerne le mode de scrutin, le financement de la campagne, la place de la femme dans les listes de candidature, le rôle de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), le projet de loi n’a pas suscité, du moins pour le moment, assez de réactions chez les courants politiques.
Ceux qui se sont exprimés se focalisent, en attendant la mouture finale, sur les nouvelles dispositions injectées pour stopper l’avancée de l’argent sale lors des échéances électorales comme c’était notamment le cas au sein de l’ancien parti unique, le FLN, où il y avait, de l’aveu de ses anciens patrons, Djamel Ould Abbès et Baha Eddine Tliba, un vrai marché de places pour la députation.
Au sein des RND, FLN, TAJ, on n’hésite pas à se réjouir des dispositions visant à empêcher l’intrusion de l’argent dans la vie politique et la compétition électorale comme si cette pratique avait fait de ces formations des victimes. Ces formations ne semblent pas également moins gênées par cette perspective d’élections anticipées, puisqu’elles seront appelées à remettre en jeu leur présence dans les Assemblées qu’elles ont pris l’habitude de dominer notamment, le FLN et le RND.
Vers une première de Jil Jadid
Loin des partis de l’ancienne alliance gouvernementale, d’autres formations peu présentes dans les joutes électorales, vont devoir y figurer, à l’image de Jil Jadid qui donne des indices favorables à sa participation. Son président, Soufiane Djilali, a affirmé, dans ce sens, que «les prochaines élections doivent être l’occasion d’un apport de nouvelles idées et du sang neuf». Ce texte constitue, a-t-il soutenu, un «premier pas vers ce nouveau régime que nous appelons de tous nos vœux, faisant de sa satisfaction suite à l’option retenue du mode de la proportionnelle avec une liste ouverte qui est de nature à «mettre fin au phénomène de l’achat des têtes de listes électorales».
«Désormais, l’électeur choisira le candidat qui l’intéresse sur la base d’une liste ouverte, ensuite le parti récoltera le pourcentage des voix. Au bout du compte, il y aura un double décompte, celui concernant le pourcentage qu’a obtenu la liste au nom du parti et par la suite la répartition des sièges se fera en fonction des électeurs qui ont choisi les noms», a relevé le président de Jil Jadid.
Le Parti des travailleurs ( PT) fait, quant à lui, une lecture opposée, pointant ce qui est considéré comme «des aberrations», des «contradictions» et des «discriminations flagrantes» qu’il dit avoir relevé dans le document. Rappelant que ce texte de loi organique vient comme suite à l’amendement constitutionnel du 1er novembre dernier, le parti de gauche ne lui «reconnaît pas de valeur» dans le sens, soutient-il, où «la révision de la loi fondamentale a été rejetée par 80% de la population». «Cela va de soi que notre parti ne saurait inscrire son action dans cette entreprise de fuite en avant dangereuse», déclare le PT dont la principale préoccupation aujourd’hui est «les souffrances insupportables de millions d’Algériens qui font face à une véritable descente aux enfers».
La parole donnée aux partis politiques pour donner leur avis sur la future loi organique relative au régime électoral offre au MSP l’opportunité de s’exprimer, lui, qui a réclamé, il y a quelques jours, un «large débat sur la loi électorale et l’agenda politique avec les forces politiques représentatives, ainsi que le changement de la composante de l’Autorité nationale indépendante des élections». <