C’est aujourd’hui que la loi de finances pour 2019 sera soumise pour adoption, lors d’une séance plénière de l’Assemblée populaire nationale (APN). Les députés qui s’exprimeront sur cette loi auront à adopter un texte de loi tel qu’élaboré par le gouvernement puisqu’il n’a connu pratiquement aucun amendement.

Et pour cause. Les députés n’ont introduit en tout et pour tout que 21 amendements qui sont en réalité « techniques » et même parmi les amendements proposés aucun n’a eu l’aval des membres de la commission des finances. Il est ainsi question, à titre d’exemple, d’amendements en rapport avec «la suppression de l’article 4 du projet relatif à la finalisation de la liste prévue par l’article 169 de la loi sur les impôts directs et taxes similaires par les frais liés à la promotion de certains produits avec un taux de 2,5 % du chiffre d’affaires».
Un autre amendement concerne l’introduction d’un nouvel article, 32 Bis, à l’origine de «l’amendement des dispositions de l’article 238 Bis de la loi 1979 portant Code des douanes en augmentant les redevances sur toute déclaration informatisée pour tous les systèmes douaniers à l’importation à 1 000 DA au lieu de 200 DA». L’article 33 du texte de loi connaît tout autant un amendement «prolongeant le délai d’enregistrement du foncier concerné dans l’état général des domaines de l’Etat de 2 à 3 ans à partir de la date de promulgation de cette loi». Il faut dire que le faible nombre des amendements contraste grandement avec le nombre des députés inscrits lors des débats autour de la LF 2019. Lesquels députés avaient insisté sur une multitude de questions d’importance qui n’ont pas été traduites à travers des amendements correspondants à la loi de finances.
En effet, les parlementaires avaient souligné l’importance d’éviter le recours à la planche à billets ou au financement non conventionnel pour « pallier le recul des cours pétroliers avec ses retombées négatives qui risqueraient d’entraver le projet du gouvernement visant à construire une économie productive hors du secteur des hydrocarbures ».
Des députés, à l’instar de Dakmoussi Dakmous du Front Algérie nouvelle (FAN), avaient soutenu que « la poursuite de la dépendance aux revenus pétroliers témoigne de l’incapacité du gouvernement à réaliser une relance effective de l’économie nationale, optant pour la solution de facilité celle du financement non conventionnel ». De son côté, Mimoune Smaïl, du Mouvement de la société pour la paix (MSP) avait exigé la garantie de mécanismes et de lois nécessaires pour améliorer le climat des affaires en Algérie. Il a tout autant plaidé pour l’assainissement financier des institutions de l’Etat, sans recourir à la Banque centrale d’Algérie et en évitant le financement non conventionnel.
Le député Khaled Tazghat, qui a claqué la porte du Front el Mostaqbel, a relevé quant à lui l’absence de clauses dans le PLF 2019 qui s’intéressent au développement des régions montagneuses et rurales à l’instar de la poursuite du financement des programmes de développement des régions du Sud et des Hauts-Plateaux.
Nadia Chouitem, députée du Parti des travailleurs, a quant à elle critiqué le budget alloué à la santé estimant que l’insuffisance de la prise en charge des questions liées à la santé pouvaient même porter atteinte à la stabilité nationale. Quoi qu’il en soit, les députés auront à s’exprimer aujourd’hui sur la loi de finances 2019 qui devra, sans coup férir, être adoptée à la majorité.