Au lendemain de son passage à la commission des affaires sociales, de la santé et du travail de l’APN, chargée d’examiner le projet de loi de santé, le président du réseau algérien pour la défense des droits de l’enfant Nada, Abderrahamane Arrar, a animé, hier, une conférence de presse à Alger.

Il parle de son passage à l’APN mais aussi présente les propositions émises par le réseau Nada concernant le projet de loi de santé. «Notre intervention à la commission de l’APN s’est axée sur la protection sanitaire et le droit à la santé, notamment les questions de la qualité, du financement et de la disparité régionale », a indiqué Abderrahamane Arrar, qui a souligné que plus de 60% des structures sanitaires sont situées dans le Nord. Après avoir examiné le texte de loi avec des experts des secteurs concernés, nous sommes intervenus sur les articles de lois liés à la maman, l’enfant et le rôle de la société civile en matière de protection contre les différents phénomènes néfastes, à l’instar de la délinquance, la toxicomanie », a-t-il précisé. Cependant, alors que l’ensemble des partenaires se sont levés contre l’adoption du projet de loi tel qu’il est, Abderrahamane Arrar a, de son côté, soutenu ce projet de loi, en soulignant qu’il s’agit d’une réforme nécessaire. Dans ce sens, le réseau Nada a salué certaines mesures prévues dans la loi dont la mise en œuvre d’un processus de contractualisation, instaurer des mesures incitatives au profit des médecins exerçant dans le Sud et les zones rurales, inciter le secteur privé à investir dans les régions défavorisées, la réalisation de comptes nationaux de la santé et la mise en place d’une nouvelle carte sanitaire. Dans ce sillage, Arrar a souligné l’importance de la mise en place d’un futur code de la sécurité sociale. « Aujourd’hui, et suites aux différentes réformes engagées par le gouvernement, à savoir celle du code de la famille, la loi sur la protection de l’enfant et la révision de la loi sanitaire, il faut maintenant parler d’un nouveau code sur la protection sociale. Un texte de loi pouvant englober l’ensemble des mesures existantes. Il faudra aussi redéfinir certains critères comme ceux qui servent de base pour définir une famille comme démunie. Il s’agit d’un autre chantier qui va être prochainement ouvert par le gouvernement », a annoncé Arrar. Quant aux propositions émises par le réseau Nada, il s’agit de certaines précisions apportées à une trentaine d’articles permettant d’englober l’ensemble des cas qui peuvent se présenter sur le terrain. Des clarifications qui ont pour but d’éviter de larges interprétations de certains articles. Il s’agit notamment des articles 80 et 82, relatifs à l’interruption de grossesse qui, selon le réseau Nada, doit être plus précis, notamment en ce qui concerne les mesures médicales thérapeutiques, un handicap sévère et une maladie ou malformation. « Ces articles sont entourés de flou. Il faudra les revoir et redéfinir précisément ce qui est un handicap sévère et une malformation. Il faut surtout engager un débat national autour de la question de l’avortement en y associant les hommes de religion, la société civile et les représentants des secteurs concernés, à savoir ceux de la santé et de la justice. Nous ne sommes pas contre mais nous estimons qu’il faut défendre la vie », a fait savoir Aberrahmane Arrar. Par ailleurs, le président du réseau Nada a insisté sur l’urgence d’entamer des campagnes de sensibilisation au profit des personnes non assurées. « Il y a des personnes qui ont des revenus certes importants mais qui ne sont pas assurés, car ils activent dans le circuit informel. Ces personnes doivent prendre conscience de l’importance de s’assurer et assurer ses enfants », a-t-il conclu.