Le projet de loi de finances 2023 dévoilé hier prévoit une nette hausse des dépenses publiques et des recettes, dans
un contexte de pression inflationniste, de détérioration du pouvoir d’achat et de hausse des cours pétroliers mondiaux. Objectifs : faire retomber la pression inflationniste sur le pouvoir d’achat et donner un coup d’accélérateur à la croissance.

Par Hakim Ould Mohamed
C’est un budget de stabilisation du pouvoir d’achat et de soutien à la croissance. Le Président de la République avait donné le ton, aussi bien pendant les derniers Conseils des ministres que lorsqu’il avait ouvert la réunion gouvernement-walis, plaidant en faveur du pouvoir d’achat et du cadre de vue du citoyen. Pour ce faire, l’Exécutif lève le voile sur un budget dépensier, mais qui tient compte de l’amélioration de la situation macroéconomique du pays et de ses revenus.
Les dépenses globales de l’Etat devraient augmenter à 13 786 milliards de dinars en 2023, contre des dépenses de 9 858,4 milliards de dinars au titre de l’exercice actuel. En valeur, les dépenses de l’Etat augmenteront ainsi substantiellement en 2023 par rapport à 2022. Au chapitre des recettes, celles-ci connaîtront également un net rebond l’an prochain et culmineront à 7 901 milliards de dinars, contre 5 683,22 milliards de dinars cette année. Les recettes de la fiscalité ordinaire devraient caracoler à plus de 6 500 milliards de dinars, tandis que les revenus de la fiscalité ordinaire grimperaient à plus de 3 200 milliards de dinars. L’objectif premier de ce budget dépensier est probablement de faire retomber la pression inflationniste sur le pouvoir d’achat. Cet ajustement à la hausse peut être également justifié par les mesures annoncées en faveur du pouvoir d’achat et de la croissance.
Il est vrai que le déficit budgétaire de l’Etat s’établit en hausse en 2023 par rapport aux prévisions de clôture de l’année en cours, le contexte national et international peut justifier cette hausse, alors que, partout dans le monde, les Etats s’endettent sans compter pour faire face à l’inflation galopante qui pèse sur les ménages et les entreprises.
L’Exécutif fait ainsi le choix d’un budget dépensier et protecteur au bénéfice de la croissance et du pouvoir d’achat des ménages. Dans son projet de loi de finances 2023, l’Exécutif assume ainsi des dépenses élevées pour faire face à la conjoncture économique et sociale avec, comme projection, un déficit légèrement en hausse, mais stabilisé car la hausse des dépenses étant compensée par la hausse des recettes, attendue de plus de 2 000 milliards de dinars par rapport aux prévisions de clôture de l’actuel exercice.
L’Exécutif a décidé, en un mot, de faire la part belle aux dépenses face à la détérioration du pouvoir d’achat des Algériens et au besoin de donner un coup d’accélérateur à la croissance afin de panser les plaies de la pandémie. Le chef de l’Etat avait donné le ton, lors du dernier Conseil des ministres, tenu en réunion extraordinaire et consacré à l’avant-projet de loi de finances 2023, en mettant en avant le rôle du gouvernement dans la garantie de la disponibilité et de la stabilité des produits alimentaires, notamment ceux subventionnés, tout en luttant contre la spéculation sous toutes ses formes. Le Président Tebboune avait également demandé à son gouvernement d’accorder un intérêt accru à l’amélioration de la situation sociale du citoyen.
Peu avant ce Conseil des ministres consacré à l’avant-projet de loi de finances 2023, le Président de la République avait annoncé également une revalorisation des salaires, de l’allocation chômage et des pensions de retraite, et ce, à compter de 2023, en tenant compte de l’amélioration des indicateurs macroéconomiques du pays. Les secteurs de l’Education nationale, du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, de la Santé ainsi que celui des Finances connaîtront une hausse nette de leurs dépenses, éventuellement pour soutenir les mesures en faveur du pouvoir d’achat et du renforcement des structures de base annoncées par le chef de l’Etat.
Après la revalorisation prévue dans l’actuel budget, les dépenses salariales et les prestations sociales bénéficieront d’un reliquat de hausse en 2023. Tout comme les dépenses d’équipement qui s’inscrivent également en hausse dans l’objectif, probablement, de soutenir davantage certains secteurs d’activité et les entreprises ayant souffert le plus des conséquences de deux années de choc pandémique.
La hausse de la dépense publique est destinée ainsi, en partie, à stimuler l’investissement budgétaire et la commande publique qui ont connu de longs mois de crise, notamment entre 2016 et 2019. Pour ainsi dire, l’avant-projet de loi de finances 2023 montre une nouvelle hausse des dépenses publiques et des crédits budgétaires. En clair, la conjoncture n’est pas favorable à la rigueur et à l’austérité. Les ménages attendent des gestes en faveur de leur pouvoir d’achat, tandis que les entreprises, pénalisées par les longues années de baisse des dépenses d’équipement, peuvent tirer profit de la hausse des allocations budgétaires au bénéfice de plusieurs secteurs. <