A situation exceptionnelle, caractérisée par la baisse des prix du pétrole et la crise sanitaire, budget exceptionnel ! C’est en tout cas ce qu’on peut retenir de la lecture de l’avant-projet de loi de finances 2021, examiné la semaine dernière en Conseil des ministres. L’impact de la crise de coronavirus sur les finances publiques n’est pas encore évalué, mais la première mouture de la loi budgétaire du prochain exercice témoigne en tout cas d’une facture salée qui va faire exploser les déficits et la dette publique en 2021…

La facture salée de la Covid-19 va faire exploser les déficits et la dette publique en 2021. L’Etat cherche en vain à dégager des recettes supplémentaires au moyen de nouvelles impositions ; mais celles-ci ne pourraient, assurément, compenser la baisse de la fiscalité ordinaire sous l’effet du ralentissement de l’activité économique ainsi que de la baisse de la fiscalité pétrolière en raison de la chute des cours du brut sur le marché mondial. A cette baisse des prix du pétrole, amorcée dès le début de l’année en cours, est venue se greffer la crise sanitaire, nécessitant un effort budgétaire colossal, alors que les disponibilités financières allaient en s’affaiblissant. A situation exceptionnelle, budget exceptionnel. C’est en tout cas ce qu’on peut lire dans l’avant-projet de loi de finances 2021, examiné la semaine dernière en Conseil des ministres. L’impact de la crise de coronavirus sur les finances publiques n’est pas encore évalué, mais la première mouture de la loi budgétaire du prochain exercice témoigne en tout cas d’une facture salée. En témoignent les niveaux de dépenses prévues pour l’an prochain. En effet, les dépenses de fonctionnement au titre de l’année 2021 caracolent à plus de 5 314,5 milliards de dinars, en nette hausse par rapport au budget d’équipement de cette année, prévu dans la loi de finances 2020. Celle-ci avait prévu un budget de fonctionnement de 4 893,4 milliards de dinars, alors que les dépenses injectées dans l’équipement devaient culminer cette année à 2 879,7 milliards de dinars, dont 2 080,2 milliards de dinars pour le financement des programmes d’investissement et 799,5 milliards de dinars pour les opérations en capital. L’avant-projet de loi de finances 2021 lève le voile en revanche sur un budget d’équipement de 2 798,5 milliards de dinars pour les dépenses d‘équipement à caractère définitif. Il est prévu également au titre de l‘année 2021, un plafond d‘autorisation de programme d‘un montant de 1 882,1 milliards de dinars ; lequel budget couvre le coût des réévaluations du programme en cours et le coût des programmes neufs susceptibles d‘être inscrits au cours de l‘année 2021. Assurément, la hausse des dépenses de fonctionnement répond à l’objectif de faire face à la facture salée de la crise sanitaire.

Insuffisant pour relancer l’économie ?
Néanmoins, l’avant-projet de loi de finances pour 2021 reste muet quant aux mesures de relance de l’activité économique qui connaît un ralentissement historique. Certes, le gouvernement promet près de 2 800 milliards de dinars de dépenses d’équipement, soit moins que ce qu’a été prévu pour cette année, auxquels s’ajouteront, probablement, quelques centaines de milliards à injecter dans les programmes neufs, mais ce montant s’avère insuffisant pour relancer tous les secteurs d’activités pénalisés par la crise sanitaire. Il en faut beaucoup plus pour aider les entreprises, améliorer leur compétitivité, soutenir l’emploi et favoriser la ré-industrialisation du pays. Par ailleurs, au plan des recettes, la moisson prévue pour cette année s’annonce bien maigre, ce qui devrait faire exploser le déficit budgétaire en 2021. En effet, les recettes, produits et revenus applicables aux dépenses définitives du budget général de l‘Etat pour l‘année 2021 sont évalués à 5 328,1 milliards de dinars. Nous sommes bien loin des 6 200,3 milliards de dinars de recettes budgétaires prévues dans la loi de finances 2020. Bien évidemment, le déclin de l’activité économique sous l’effet de la crise sanitaire et la chute des prix du pétrole justifient cette baisse drastique des prévisions de recettes pour cette année. Dans les détails, le total des recettes ordinaires prévu au titre de l’exercice 2021 s’établit à 3 408,9 milliards de dinars, alors que les recettes de la fiscalité pétrolière devraient s’établir à 1 919,2 milliards de dinars. Cette baisse de recettes, soit un total de 5 328,1, en nette baisse par rapport à 2020, amputera le budget de l’Etat de 872,2 milliards de dinars ; un montant non des moindres à l’heure où les dépenses s’inscrivent en nette hausse. Cela donnera un déficit budgétaire de 2 785 milliards de dinars, contre un solde de 1 533,4 milliards de dollars prévu cette année. Bien évidemment, il faut s’attendre à une hausse du déficit global du Trésor et de la dette publique compte tenu de l’augmentation des besoins de financement. La reprise de l’épidémie et une rechute des cours du brut pourraient remettre en cause ces prévisions et aggraver les déficits et l’impact de la crise sanitaire sur les finances publiques.

Export Du sel pour le Niger
Vingt-deux camions poids lourds chargés de plus de 800 tonnes de sel industriel ont pris le départ hier de Tamanrasset ver le Niger dans le cadre du « programme de la promotion du commerce extérieur », indique l’APS. Présent au départ de la caravane, le wali de la région, Mustapha Koriche, a annoncé, à cette occasion, la réalisation « bientôt » d’un port sec au niveau de la zone frontalière de Tin Zaouatine. Ainsi, les travaux de réhabilitation de la RN-1 se poursuivent avec une cadence appréciable, a-t-il assuré, ajoutant qu’une opération d’aménagement de l’aéroport de Tamanrasset sera bientôt entamée afin de promouvoir l’activité de transport aérien de marchandises vers les pays du continent.