Des professionnels de la santé ont réagi avec soulagement, hier, à l’annonce par le ministre de la Justice de mesures immédiates contre les auteurs d’actes de violence dans les hôpitaux et les structures sanitaires. Ils affirment également être rassurés par la déclaration du Premier ministre portant sur la décision du chef de l’Etat de préparer une loi spécifique pour freiner le phénomène ascendant des agressions et des incivilités contre les personnels soignants, des comportements devenus encore plus fréquents et inquiétants depuis le début de la crise sanitaire. Assurer la protection du staff médical, paramédical et celui des biologistes est plus qu’une «nécessité», car la violence dans le milieu hospitalier n’a épargné aucun établissement de santé, estime à ce sujet Youcef Boudjelal, président du Syndicat autonome des biologistes de la santé publique (SABSP). «Des actions en justice contre des agresseurs est une mesure pour quiconque songe à agresser un professionnel de la santé dans le cadre de l’exercice de ses fonctions», ajoute-t-il. Ce docteur en biologie et syndicaliste de la santé fait, cependant, remarquer que les décisions prises sont «tardives» et qu’elles auraient dû être prises «depuis des années déjà». «Cela aurait permis de rendre la situation moins compliquée», a-t-il encore argué.
Pour M. Boudjelal, le personnel médical et paramédical doit être protégé «en tous temps» et «davantage dans le contexte actuel de crise sanitaire». Le président du SABSP rejette toute tentative de justification des actes d’agression et d’incivilité qui doivent être jugés pour ce qu’ils sont, affirme-t-il, des réactions d’irresponsabilité et d’irrespect envers des personnes dévouées à sauver des vies !
Un avis partagé par le Syndicat national algérien des psychologues (Snapsy), qui rappelle que la violence en milieu sanitaire ne date pas d’aujourd’hui. C’est un passif que tous les professionnels de la santé connaissent. Sur sa page Facebook, le collectif considère que le ministre de la Santé doit « convoquer une réunion urgente ouverte à tous les syndicats de la santé pour situer les responsabilités», en particulier en cette période de crise sanitaire. Le syndicat reproche au ministère d’être «resté de marbre et d’attendre que des vidéos soient largement relayées sur la toile pour se mobiliser et protéger le personnel soignant contre les dépassements».<