De retard en retard, le projet du système de régulation et du contrôle de la circulation dans la capitale risque carrément de ne jamais voir le jour. Et pour cause. Le partenaire espagnol dans la société mixte algéro-espagnole Mobeal, à laquelle avait été confié le projet en 2016, a fini par se retirer, laissant seuls sur le terrain ses partenaires algériens UGCTU et Erma.44

L’annonce de ce retrait a été faite hier par le ministre des Travaux publics et du Transport par intérim, Farouk Chilai. Ce dernier répondait aux questions de la Commission du transport à l’Assemblée populaire nationale, à laquelle il a précisé que ce retrait était motivé par des considérations objectives.
Il a néanmoins affirmé que ce projet sera «relancé par la wilaya d’Alger».
Ainsi donc, après avoir longtemps traîné, le fameux projet qui devait permettre à la capitale de sortir de la torpeur des embouteillages à toute heure subit un sérieux coup qui vient rappeler les difficultés dans lesquelles il a évolué depuis son entame, dépassant largement les délais qui avaient été fixés initialement pour sa livraison.
Il y a à peine six mois, il n’était encore qu’à 10% de consommation du budget qui lui avait été accordé pour sa première étape, soit 6,9 milliards de dinars sur une enveloppe totale de 15 milliards de dinars. Autrement dit, ce projet était à l’arrêt et ce, en dépit de l’installation des feux tricolores au niveau de 22 carrefours sur un axe de 7 km entre Belouizdad et Ruisseau, dans le cadre de la réalisation de la première étape du projet. Mais l’arrêt a été imposé par «des problèmes techniques liés essentiellement aux fibres optiques et à la définition des règles d’exploitation des caméras de surveillance aux feux tricolores», avait expliqué le chargé de la gestion de la direction des Transports de la wilaya d’Alger, Salhi Ayach.

Cette première étape prévoyait l’équipement de 200 carrefours,
dont 53 ont été étudiés et équipés sans avoir été mis en service, a-t-il fait savoir, indiquant que la société Mobeal a achevé les travaux de réalisation au niveau de 22 carrefours dans la zone pilote, ayant procédé à «la mise en place des panneaux et des feux tricolores qui ont été testés».
L’on se souvient, effectivement, qu’il y a une année, de nouveaux feux tricolores avaient été allumés pour quelques jours dans certains carrefours d’Alger, avant de s’éteindre pour ne plus se rallumer depuis. Cette opération de test avait pourtant apporté une lueur concrète d’espoir aux automobilistes de la capitale qui attendaient impatiemment la livraison des dizaines de feux tricolores intelligents depuis leur annonce par les pouvoirs publics.
Mais, visiblement, les problèmes techniques, auxquels a fait référence M. Salhi et d’autres responsables concernés par ce projet, étaient difficilement contournables puisqu’ils ont trait aux conditions de travail difficiles dans la capitale, avait-il expliqué.
Citant à cet effet «la circulation routière dense et les nombreux déplacements des citoyens tout au long de la journée, outre l’exiguïté des artères concernées par ces travaux».
Pour rappel, lors d’un Conseil des ministres, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait instruit le gouvernement de trouver des solutions à la problématique de la congestion routière dans la capitale, en recourant aux expertises pour la proposition d’alternatives à même de désengorger le trafic à Alger, qui enregistre le passage de 1,7 million de véhicules par jour. Un calvaire au quotidien qui se vit depuis de nombreuses années. A quand le bout du tunnel ?