Après l’annonce faite avant-hier par les services d’Abdelaziz Djerad, portant sur l’accord pour une coopération algéro-russe en vue de la fabrication du vaccin Spoutnik V en Algérie, c’est au tour du directeur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, Kamel Senhadji, de souligner la nécessité pour l’Algérie de s’engager dans la bataille de la production de tous les vaccins.
Abordant le processus d’acquisition, depuis vendredi, des premiers lots de vaccins contre le nouveau coronavirus, le spécialiste tire un bilan d’étape positif. «Nous avons enfin reçu la potion magique. On aurait bien voulu être parmi les premiers, mais il faut dire qu’on a de la chance. Il faut regarder tous les pays qui n’ont pas eu cette chance, de par leur situation économique et financière, d’accéder à la possibilité d’avoir le vaccin», a déclaré le professeur Senhadji à TSA.
Estimant que nous sommes dans «une situation globalement positive», se félicitant que les autorités nationales ont privilégié la diversité de vaccins qui «a permis de commencer à satisfaire au maximum les différentes demandes», faisant remarquer que «si on s’était contenté de la technologie classique, on aurait attendu plusieurs mois, voire plusieurs années, pour avoir ces vaccins».
Interrogé sur les capacités de l’Algérie à s’engager dans la fabrication locale du vaccin russe Spoutnik V, Senhadji a estimé que cela relève du «possible», s’appuyant sur la production antérieure dans le même registre. «C’est possible, c’est une démarche positive. Nous produisions auparavant certains vaccins comme le BCG, on a donc, dans la culture de notre pays, un minimum de savoir-faire pour pouvoir fabriquer ce vaccin. Nous avons des entreprises de fabrication de médicaments et de vaccins publiques et privées qui sont à même de mettre en route ce projet de redémarrage de la fabrication de ces vaccins qui vont arriver», a-t-il souligné. Il a ajouté, à ce propos, que «c’est la meilleure façon de ne pas subir ce qu’on voit actuellement comme aléas et tensions» et que «ce sera aussi le signe d’un pays qui se développe».
Pour M. Senhadji, il ne fait point de doute que devant une situation de crise, la seule façon de s’en sortir «c’est de produire sur place et de relocaliser les stratégies essentielles…», préconisant pour le futur d’adosser aux laboratoires de vaccins, un centre de vaccinologie doté de chercheurs qui travailleront sur la possibilité de fabrication d’autres vaccins dirigés contre d’autres épidémies.
Ce centre de vaccinologie va donc innover pour «contrer de prochaines épidémies à titre d’anticipation. Il faudra en même temps lui adosser des firmes de vaccins publiques ou privées», recommande-t-il. Et c’est à ce niveau que l’Agence aura à accomplir un travail d’expertise principalement sur la sécurité de toutes ces molécules, en particulier ces vaccins, pour qu’ils soient mis à disposition dans des conditions de sécurité parfaites, a ajouté le scientifique.
Pour sa part, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, a déclaré à la Télévision publique que l’Algérie a engagé les discussions avec le partenaire russe en vue d’identifier «la démarche la plus efficace» pour parvenir aux objectifs exprimés. Il fait part, à cet effet, de «la disponibilité de la partie russe à accompagner l’Algérie pour produire ce vaccin en quantités importantes», soulignant que l’Algérie dispose «des moyens humains et techniques pour produire le Spoutnik V à travers le groupe Saïdal et d’autres». <