Après la série d’annonces de vaccins anti-Covid-19, place à la programmation des premières campagnes de vaccination. Dans cette perspective, les laboratoires pharmaceutiques ne perdent pas de temps et leurs chercheurs s’attellent à confirmer l’efficacité de leurs produits respectifs, mettant en avant des résultats de tests prometteurs dans l’espoir de décrocher l’aval des autorités sanitaires concernées pour les produire et les commercialiser.
Au Royaume-Uni c’est déjà chose faite, et le gouvernement de ce pays a annoncé hier la disponibilité du vaccin de l’allemand BioNTech et de l’américain Pfizer dès «la semaine prochaine». Avec ce feu vert, «le Royaume-Uni est le premier pays au monde à disposer d’un vaccin approuvé cliniquement» s’est félicité dans un tweet le ministre de la Santé, Matt Hancock. «Le gouvernement a accepté aujourd’hui la recommandation de l’Agence indépendante de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) d’approuver l’utilisation du vaccin contre la Covid-19 de Pfizer/BioNTech», a déclaré un porte-parole du ministère de la Santé, indiquant que «le vaccin sera disponible dans tout le Royaume-Uni à partir de la semaine prochaine».
Le Royaume-Uni a commandé au total 40 millions de doses de vaccins pour 2020 et 2021, ce qui suffit à vacciner 20 millions de personnes, qui recevront deux doses. Parmi les personnes prioritaires pour recevoir le vaccin figurent les résidents des maisons de retraite, le personnel soignant, les personnes âgées et les personnes les plus vulnérables.
Le pays, qui compte au total plus de 66 millions d’habitants, a aussi commandé des vaccins à plusieurs autres laboratoires, dont 100 millions de doses du vaccin développé par les chercheurs de l’université d’Oxford et du laboratoire britannique Astra Zeneca et 60 millions de doses du vaccin Novavax.
La Russie veut, elle aussi, aller rapidement vers la vaccination passive de sa population et le président Vladimir Poutine a demandé, hier, aux autorités sanitaires de le commencer dès la fin de la semaine prochaine. «Je vous demanderais d’organiser le travail pour qu’à la fin de la semaine prochaine, nous ayons commencé la vaccination à grande échelle», a-t-il déclaré durant une visioconférence à sa vice-Première ministre en charge de la santé Tatiana Golikova, estimant que «l’industrie et les infrastructures sont prêtes».
Avant cela, la Russie a présenté hier son vaccin contre la Covid-19 «Spoutnik-V» au siège de l’ONU, a rapporté l’agence de presse TASS. La semaine dernière, la Russie a déclaré que les données les plus récentes suggéraient que son vaccin contre le coronavirus Spoutnik-V était efficace à au moins 91,4% et pourrait être efficace à plus de 95%. Sans plus attendre, elle a commencé à vacciner ses militaires depuis vendredi dernier dont le nombre des vaccinés est de 2 500, et il devrait atteindre 80 000 d’ici la fin de l’année. Les données obtenues 28 jours après la première dose et sept jours après la deuxième dose ont montré que le vaccin était efficace à 91,4%, selon un communiqué de presse publié sur le compte Twitter de Sputnik-V.
En Italie, la campagne de vaccination devra attendre le printemps prochain pour être lancée, alors que les premiers lots Pfizer et Moderna doivent être livrés fin décembre début janvier. Le vaccin sera toutefois gratuit dans ce pays classé parmi les plus touchés au monde par la pandémie, a annoncé hier le ministre de la Santé Roberto Speranza. «Le vaccin sera distribué gratuitement à tous les Italiens. Il ne sera pas obligatoire au début. Le gouvernement surveillera la progression de la campagne» de vaccination, a affirmé le ministre lors d’une allocution au Sénat, soulignant que l’Italie a signé des contrats d’approvisionnement en vaccins avec Astra Zeneca, Johnson & Johnson, Sanofi, Pfizer, CureVac et Moderna. L’Italie suit ainsi le chemin du Japon qui s’est engagé à fournir gratuitement des vaccins aux 126 millions d’habitants du pays, en vertu d’un projet de loi adopté hier, au moment où l’archipel fait face à une recrudescence des infections.
La vaccination en France contre la Covid-19 devrait être proposée aux «plus fragiles», sans être obligatoires, dès fin décembre-début janvier. <