Ce n’était pas le festival du film engagé, c’était annoncé à 19h et ça ne rentrait pas dans le cadre du cycle « La femme au cinéma » lancé dimanche passé, et pourtant, le film-documentaire mexicain, « Guerrero », était bel et bien au programme de la cinémathèque d’Alger. C’était jeudi passé, au grand plaisir des cinéphiles algérois, assez nombreux d’ailleurs pour cette séance. Le plaisir était d’autant plus grand qu’il y avait dans la salle Aimesita Sharon Terán et Christopher Perez, deux membres de l’équipe mexicaine du film,

Réalisation: Salim KOUDIL

« Guerrero », sorti en 2017, et sélectionné dans plusieurs festivals au Mexique et aux Etats-Unis, est surtout un hommage à des combats citoyens. Ceux déclenchés devant des situations de chaos.  

Le réalisateur (Ludovic Bonleux, un français installé au Mexique) revient essentiellement à ce qui s’est passé dans la ville d’Iguala (dans l’Etat de Guerrero, d’où le titre du long métrage) en 2014 après la disparition forcée de 43 étudiants. Il filme les péripéties de trois personnes, dont chacune a choisi son chemin de combat et a opté pour un engagement contre l’injustice. La première est Coni, la cinquantaine, qui résiste aux bandes du crime organisé en ralliant la police communale. Après, il y a Mario, qui recherche son frère kidnappé par les narcotrafiquants, et enfin, Juan, qui milite pour une démocratie directe dans le village tout en refusant les élections locales « officielles ».  

Sous-commandant Marcos

Des profils qui viennent donner une image de la résistance citoyenne dans un Mexique pris en otage par un « système » et les narcotrafiquants. Des résistants qui restent sur la même lignée d’autres combattants, du même pays, mais d’une autre région distante de près de 700 kilomètres de Guerrero, Chipas. Même sils ne l’affirment pas (en tout cas dans le film), Coni, Mario, Juan, et leurs camarades, perpétuent le combat de l’homme au visage cagoulé, le fameux Sous-Commandant Marcos. Ce dernier a peut-être pris, il y a quelques années, sa « retraite », mais sa lutte contre l’injustice et l’impunité se perpétue chez d’autres mexicains.