PAR MILINA KOUACI
«Programmes scolaires. Etat des lieux et perspectives «, tel est l’intitulé d’un séminaire national tenu à Alger les 23 et 24 mai dernier. L’événement de deux jours, organisé par l’Union nationale des parents d’élèves (UNPE), a connu la participation d’enseignants, de chercheurs, de pédagogues et de responsables du ministère de l’Education nationale et aussi des syndicats du secteur.
A quelques semaines de la clôture de l’année scolaire, l’UNPE a organisé son premier séminaire national sur les programmes d’enseignement. L’objectif est de débattre de la surcharge du programme scolaire et d’évaluer son impact sur le rendement de l’enseignant et les capacités d’assimilation du contenu chez l’élève. Les parents ont toujours été les premiers à se plaindre de la surcharge du programme. Une revendication partagée par des syndicats mais restée sans écho alors que de nombreux enseignants et pédagogues réclament la révision et l’allégement du programme, notamment, dans le cycle primaire où l’élève est censé apprendre à lire et à écrire durant ses premières années de scolarisation.
Plusieurs recommandations ont été émises, dont celles de l’Association nationale des sciences et du développement durable. Cette association trouve judicieux de consolider la collaboration entre les concepteurs de programme et les auteurs de manuels scolaires ainsi que d’expérimenter sur le terrain le livre scolaire avant son introduction dans le programme. Elle plaide aussi pour la formation des enseignants et administrateurs concernés pour une meilleure application du programme et l’amélioration des pratiques pédagogiques pour un meilleur rendement et une meilleure performance des enseignants. Elle recommande, également, d’accompagner sur le plan pédagogique les élèves, notamment, les catégories présentant des difficultés d’apprentissage, mettant en exergue l’importance du plan psychologique, en particulier, dans le cycle primaire. Il en est de même pour les classes préparatoires, ladite association demande de leur accorder de l’intérêt et de les prendre en charge.
Dans un autre contexte, l’Association nationale des sciences plaide pour l’ouverture d’un débat sur les examens et le phénomène des cours particuliers dont l’ampleur et les tarifs suscitent, en effet, depuis toujours des réactions. Les cours de soutien sont devenus de nos jours la règle, un nombre important d’élèves des trois cycles et de tous les niveaux suivent des cours particuliers pour une meilleure assimilation des cours déjà dispensés en classe.
Cette semaine, le ministère a ouvert les écoles pour les élèves de classes finales, pour les révisions mais, les candidats, selon des acteurs sociaux, se sont rabattus sur les cours particuliers à des prix jugés «exorbitants «. Certains renvoient l’engouement aux cours de soutien aux «failles du système éducatif et aux programmes d’enseignement «, appelant ainsi à la révision des programmes et au plafonnement du nombre d’élèves par classe. Certains syndicats ont exigé la mise en place d’un Haut-conseil de l’Education pour remédier au développement du système éducatif et améliorer la qualité de l’enseignement et le niveau de l’Ecole publique. n