Programmés par le 9e Festival international du film d’Alger (Fica), dédié au film engagé, les 3, 4 et 5 décembre prochain, deux rencontres ainsi qu’un master-class, animés par des invités algériens et étrangers, notamment le réalisateur belge Thierry Michel,

seront l’occasion d’aborder différentes problématiques comme la question du choix et de l’engagement des déserteurs et objecteurs de conscience durant la guerre d’indépendance ou encore «la différence entre un reportage et un documentaire d’art». Rencontres ouvertes au public, toutes trois organisées à partir de 10 heures à la salle Frantz-Fanon de l’Office de Riadh el Feth (Oref). La première rencontre verra la participation de responsables de manifestations similaires au Fica, notamment du Fespaco, ou du festival d’Alicante, nous explique la commissaire du Festival Mme Zehira Yahi. «Il s’agira d’une rencontre entre des directeurs et directeurs artistiques de festival dédiée au cinéma, des personnalités venues d’Espagne, du Burkina Faso et bien sûr d’Algérie.

Le but principal est d’échanger nos expériences», explique-t-elle. La responsable lançant à ce titre un appel aux artistes algériens pour participer à la rencontre. «Il faudrait que les réalisateurs algériens viennent rencontrer ces directeurs de festivals étrangers, soumettent leurs film et parler de leurs travaux.» Organisée, pour sa part, au lendemain de la diffusion du documentaire «les Enfants du Hasard», un film qu’il a coréalisé avec Pascal Colson, la deuxième rencontre du festival sera un master-class animé par le réalisateur belge Thierry Michel : «Il s’agit d’un très grand documentariste d’investigation, il présente à Alger sont dernier documentaire « les Enfants du hasard ». Le Hasard étant une région minière de Belgique, le film se passe dans une salle de classe où les enfants sont des descendants d’immigrants, majoritairement turcs, venus travailler dans les mines», nous explique, ainsi, la commissaire du festival. Zehira Yahi précise que l’atelier, ouvert aux étudiants de l’ISMAS, aura pour thème «le documentaire d’investigation entre les exigences de l’art et les impératifs de l’information ». Elle souligne à ce sujet que «nous voulons mettre en avant la différence entre un documentaire et un reportage. En fait, un documentaire reste un travail visant à l’information, mais avec un aspect artistique esthétique ». Le traitement de la question historique des objecteurs de conscience français durant la guerre d’indépendance algérienne est un fait historique au centre du documentaire de Villy Hermmann «Choisir à 20 ans », projeté au Fica le 3 décembre à 14 heures. Cette dernière rencontre du Fica 2018 verra la participation du journaliste et cinéaste André Gazut. En effet, ayant lui-même fait le choix de se réfugier en Suisse en 1958, il est également l’auteur du très remarqué documentaire «Pacification en Algérie» en 2002. Le directeur artistique du Fica, Ahmed Bedjaoui, précise à ce titre que «la qualité de son travail, la manière dont il a traité les questions de l’ordre colonial, de la torture ont rendu pratiquement obsolète la plupart des autres œuvres sur cette épisode historique». Ajoutant, «le travail d’André Gazut est une étape marquante dans le documentaire artistique sur cette question politique». Il mettra, ainsi, en exergue le fait que la rencontre sera axée sur la manière d’aborder une question sans être «consommable» ou oubliée dès le lendemain. Ahmed Bedjaoui précise à propos de la problématique qui sera abordée lors de cette rencontre est que «nous aimerions répondre à la question, pourquoi une œuvre dure dans le temps ? Quelle approche privilégier pour cela ? Et quelle est la particularité d’un documentaire d’art ? ».