Les membres du Cluster Energy Solar (CES) ont formulé plusieurs propositions autour du programme des 1.000 MWc initié par les pouvoirs publics, notamment l’encouragement du contenu local à travers des bonifications, la révision de la réglementation, ainsi que le recours à des financements innovants. Le cahier des charges de l’appel d’offres sur la réalisation des 1.000 MW en solaire doit intégrer la notion du contenu local, ainsi que l’attribution de bonifications distinctes entre les produits et les services», ont expliqué les auteurs dans un document qui devrait être soumis aux pouvoirs publics. Ils ont également souligné que certains produits locaux ou services sont «très compétitifs» par rapport à la concurrence internationale, ce qui nécessite de cibler, par la bonification, d’autres produits locaux ou services «afin de soutenir leurs émergences et les rendre compétitifs». Un des moyens à mettre en place pour que ce programme réussisse est de faire bénéficier les investisseurs nationaux, ainsi que les produits et services produits en Algérie de la Marge de Préférence de 25%, souligne le document. Les membres du cluster ont fait savoir que «le taux d’intégration du MW installé est de 94% et dépasse les objectifs annoncés par les pouvoirs publics», précisant que ce taux «n’est pas le même pour chaque composante d’une centrale photovoltaïque». Ils se disent en mesure de combler toute la demande en l’espace quelques mois en fonction du produit ou du service. Et afin de mieux encadrer le contenu local, les membres du CES ont proposé d’instaurer un modèle imposant un taux d’intégration minimum éligible à une bonification suivant un barème à arrêter par équipement ou service. Sur le plan réglementaire, ils appellent à ce que l’article 5 de la règlementation relative aux appels à investisseurs, qui stipule qu’il peut être exigé du soumissionnaire de joindre un investissement industriel, ne soit pas une obligation. Toujours en matière de législation, le CES a considéré que le décret exécutif n 21-158 «peut favoriser» l’émergence d’investisseurs associant des entités nationales et des entités internationales, permettant, ainsi, l’accélération de l’acquisition du savoir-faire nécessaire à la construction d’un nouveau secteur des EnR «performant». Le cluster a préconisé, également, de favoriser le partenariat public privé dans des projets «concrets» dans le secteur énergétique, service et produits industriels. En matière de financement, les propositions du CES plaident pour l’exploration des financements innovants, à l’instar d’accepter qu’une partie de l’investissement puisse être échangée contre des crédits carbones. Les membres du cluster encouragent, en outre, l’ouverture du leasing national et international pour l’acquisition des équipements pour la production d’énergie verte, en plus d’orienter les fonds disponibles dans l’informel vers les énergies vertes. Autres options envisagées : la mise en place des bons verts, l’orientation des dividendes qui ne peuvent pas sortir d’Algérie vers ce type d’investissements, ou encore intéresser les investisseurs de la diaspora à venir investir en Algérie. Le cluster a appelé, aussi, à adopter un modèle de financement de type «Project finance» étalé sur 15 ans avec un taux d’intérêt bonifié. Il est, de plus, nécessaire d’établir des contrats de longues durées pour obtenir des tarifs compétitifs par rapport à ceux en cours pour le conventionnel, ont estimé les membres du CES. Comme ils ont proposé d’intégrer les crédits carbones et d’assurer la sécurité des investissements et faisant assumer par les pouvoirs publics les risques inhérents à l’inflation, à l’acheteur, tout en mettant sur un même pied d’égalité l’investisseur national et international. n