Le ministre de la Santé a remis en cause, hier, les déclarations selon lesquelles le vaccin serait gratuit et que le premier lot devrait arriver en janvier prochain, estimant que ce n’est là qu’«un souhait» d’un membre du Comité scientifique. Un responsable qui se serait exprimé en son nom uniquement et dont la déclaration n’engage pas le Comité, ce dernier n’ayant diffusé, selon M. Benbouzid, aucun communiqué à ce sujet. Confusion ou divergence d’approche sur la campagne de vaccination annoncée ?

Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a fait cette mise au point en déclarant souhaiter lui aussi que le vaccin soit gratuit, mais que «celui qui a affirmé que le vaccin sera gratuit prenne ses responsabilités». «Je saisis cette occasion pour dire que personne ne parle au nom du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie. Chaque membre du Comité parle, mais c’est en son nom et non au nom du Comité scientifique. Jusqu’à présent, il n’y a eu aucun communiqué disant que le vaccin sera gratuit. Je suis le président dudit Comité et je ne peux pas dire cela, mais juste que c’est possible et que je le souhaite car c’est une pandémie…», a soutenu le Pr Benbouzid.
«Il a même été dit que le vaccin sera administré à partir de janvier», s’est encore étonné le ministre, avant de souligner qu’officiellement, rien n’a été fait dans ce sens en termes de procédures, de même qu’aucun pays n’a encore annoncé la vaccination en janvier, y compris les pays les plus avancés ayant passé commande. Pour lui, «nous devons rester francs envers les citoyens et ne pas les induire en erreur, celui qui a parlé de la gratuité n’a certainement exprimé qu’un souhait». Appelant à plus de retenu, il a tenu à noter avoir dit au Comité que «si les choses ne vont pas le sens de ce souhait, les membres du Comité et le ministre seront comptables par rapport à ces déclarations», car c’est «un «sujet très sensible».

Réunion aujourd’hui pour étudier le choix du vaccin
Le Pr Benbouzid a, par ailleurs, indiqué qu’«une réunion est prévue aujourd’hui avec les experts pour étudier quel vaccin choisir» et que «tous les Algériens sont concernés», bien sûr avec «les priorités connues, comme les malades chroniques, les personnes âgées, le personnel de la santé, etc.» Actuellement, il y a les vaccins chinois, russe, anglais, indien et américain qui sont les plus avancés et il est probable que l’Algérie n’importe pas d’un seul pays mais de plusieurs, a-t-il fait savoir, indiquant que les quantités à importer ne sont pas encore définies et qu’il y a des simulations pour déterminer les doses à importer progressivement. «Pour le moment, nous n’avons encore pris aucune décision», a-t-il tranché, rappelant les mesures prises par le Premier ministre lors du dernier conseil interministériel, que l’Algérie achètera un vaccin homologué par l’OMS et dans le cadre de l’initiative Covax.
Sur un autre registre, il a affirmé que la nomenclature des actes médicaux à rembourser par la CNAS sera revue, notant que le test PCR, comme il est nouveau, n’est pas encore inclus dans la nomenclature. Il a, par la même occasion, salué les laboratoires privés qui ont décidé de faire ces tests à un montant de 8900 DA. Mais cela «n’empêche pas de discuter avec l’ensemble des privés sur la tarification des actes», a-t-il déclaré, notant que cela est une prérogative qui ne dépend pas du ministère de la Santé mais de celui du Travail. Le ministre a, toutefois, regretté les prix des scanners qui sont «astronomiques» et souhaité les voir baisser à un niveau acceptable, au moins durant cette période de pandémie.

Cas Covid : ne pas baisser la garde !
S’exprimant sur la situation épidémiologique, le Pr Benbouzid a souligné qu’il ne faut pas crier victoire parce que les chiffres ont baissé ces tous derniers jours, le plus important étant que cette baisse se poursuive durant les prochains jours et que nous sommes au sommet de la cloche. «Nous ne pourrons dire que la pandémie est en décrue que lorsque les chiffres baissent à un niveau acceptable. Mais entretemps, bien sûr que des dispositions sont prises en fonction de l’évolution de la situation et en prenant compte des orientations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de nos experts au sein du Comité scientifique», a-t-il dit, relevant que le confinement est nécessaire car le virus est toujours là et se transmet, d’où la reconduction du confinement partiel, depuis, hier, pour 34 wilayas.
Invité à s’exprimer sur la rigueur dans l’application du confinement, d’un côté, et l’ouverture des mosquées de plus de 500 places et des lignes aériennes intérieures, de l’autre, il répond : «Actuellement, la situation est difficile pour les citoyens, pour les petits commerçants et l’économie nationale. On pèse entre les avantages et inconvénients. Pour les lignes intérieures, nous avons pris en considération le besoin de déplacement de la population des différentes régions du pays et le fait que les avions sont cloués au sol et décision a été prise de les ouvrir. Pour les mosquées, le constat de tous est que le protocole sanitaire y est rigoureusement appliqué», a-t-il indiqué. n