Par Feriel Nourine
Les fortes averses qui se sont abattues sur le pays pendant près de trois semaines, sans interruption dans certaines wilayas, semblent encore insuffisantes pour provoquer une révision à court terme du programme d’alimentation en eau potable mis en place l’été dernier.
Principales concernées par le programme de rationalisation auquel sont soumis ses habitants depuis déjà plusieurs mois, les wilayas du Centre évoluent toujours au même rythme de « un jour sur deux » dans le meilleur des cas.
Or, l’abondance des pluies qui y a été enregistrée ces dernières semaines, à travers des précipitations enregistrant des taux de pluviométrie inédit, a légitimement fait renaître l’espoir chez les ménages concernés d’une amélioration, au moins partielle, de la distribution de l’eau. Espoir d’une rupture avec le rationnement et l’approvisionnement au compte-goutte dans des conditions infernales à attendre le sifflement du robinet tard dans la nuit.
Ces derniers devront, malheureusement, continuer à prendre leur mal en patience et attendre l’heure d’un programme d’eau potable plus généreux en horaire d’alimentation et moins désagréable par les restrictions auxquelles il soumet les abonnés de la Société d’eau et d’assainissement d’Alger (Seaal).
C’est d’ailleurs le Directeur général adjoint chargé des services publics, Amine Hamadane, qui le souligne en affirmant que le programme actuel de distribution est toujours valide, mettant en avant l’insuffisance des dernières pluies pour un éventuel changement. « Les dernières précipitations ne sont pas suffisantes pour le retour à un approvisionnement quotidien », a, en effet, répondu M. Hamadane à la presse sur une question relative au même programme.
Il s’exprimait en marge d’une rencontre d’information et de sensibilisation à la rationalisation de l’utilisation de l’eau au profit des imams des wilayas du Centre les plus pénalisées par la pénurie des ressources hydriques dont pâtit le pays, à savoir Alger, Boumerdès, Tipasa et de Blida. Ses propos s’inscrivent, en fait, dans la logique développée ces derniers jours par l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT) laissant assez explicitement entendre que les barrages du Centre du pays sont encore loin du taux de remplissage requis pour espérer une amélioration en matière de ressources hydriques des wilayas qui en dépendent.
Les récentes précipitations ont, certes, été d’un apport d’eau considérable pour l’ensemble des barrages, mais la part des barrages du centre s’avère nettement pauvre par rapport à la générosité dont ont pu profiter les autres stations du genre implantées à l’Est et à l’Ouest où, de surcroît, elles ne se trouvaient pas en état de sécheresse quasi-totale totale comme c’était le cas au Centre.
Ce déséquilibre, dont souffrent les habitants du Centre, se constate nettement à travers les derniers chiffres livrés mardi dernier par la Directrice centrale à l’ANBT, Nadia Ouchart. Mardi dernier, le bilan livré par cette responsable faisait état d’un stockage de 165 millions m3 stockés au niveau de l’ensemble des barrages du pays depuis seulement les précipitations du 5 novembre. Ce qui représente déjà 44% des apports depuis le début de l’année hydrologique (septembre), a-t-elle précisé.
Ces quantités d’eau conséquentes ont porté les ressources hydriques actuelles (16 novembre) emmagasinées au niveau des barrages du pays à 2,3 milliards m3, ce qui a permis une « légère » progression de l’état de réserve des barrages avec des apports « appréciables » pour certains bassins versants, a souligné Mme Ouchart. Elle ne manquera pas, cependant, de noter que le taux de remplissage de 33,16 % atteint au niveau national était partagé à 57,5% pour la région Est, 22,55% pour l’Ouest, 20,54% pour le Chellif, alors que le Centre se trouve relégué largement derrière avec tout juste 9,26% de remplissage pour ses barrages.
En plus du très faible taux de remplissage de leurs barrages, de nombreuses wilayas du Centre souffrent de fuites d’eau qui réduisent considérablement des quantités d’eau qui leur sont distribuées par la Seeal.
A Alger, le phénomène est plus qu’inquiétant avec des fuites sur les réseaux d’eau potable qui représentent 30 à 40 % des volumes d’eau distribués quotidiennement depuis le début de l’année en cours, a, par ailleurs, indiqué le Directeur général adjoint chargé des services publics au sein de la Seaal. n