Par Feriel Nourine
Face au déficit en eau dont souffre l’Algérie, le recours aux eaux non-conventionnelles est en train de s’imposer aux pouvoirs publics comme la solution toute indiquée pour régler cet épineux problème. Sur ce registre, le dessalement d’eau de mer est vite devenu une priorité pour le gouvernement et le programme de réalisation de stations dédiées a connu une avancée ces derniers mois, notamment depuis que le président de la République a instruit les départements concernés d’assouplir le programme de restriction dans la distribution de l’eau potable, entrée en vigueur l’été dernier.
Depuis le mois de Ramadhan, une amélioration de l’alimentation en eau potable est ainsi constatée chez les ménages, à commencer par ceux situés dans le centre du pays, région la plus touchée par le déficit hydrique. Une situation qui s’explique par les réalisations récemment opérées en matière de stations de dessalement d’eau de mer (SDEM). A ce propos, le programme d’urgence commandé par Abdelmadjid Tebboune a porté notamment sur la réalisation de trois SDEM dans la région de l’Est d’Alger, d’une capacité globale de 150 000 m3/j, ont rappelé le ministre de l’Energie et des Mines et celui des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique, lors d’une réunion du Gouvernement, tenue mardi, consacrée aux secteurs des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique, de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, des Travaux publics et des Transports, selon un communiqué des services du Premier ministère.
Pour rappel, cinq SDEM, dotées chacune d’une capacité de production de 300 000 m3 d’eau/jour, devaient être lancées durant ce mois de mai, à l’échelle nationale, avait annoncé le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab. Elles seront situées dans les wilayas d’El Tarf, Béjaïa, Boumerdès, Tipasa et Oran. La réalisation de ces installations sera assurée par Algerian Energy Company (AEC) relevant du groupe Sonatrach.
Concernant la station de Tipasa, il ressort de la réunion du Gouvernement qu’une première phase a porté sur le lancement de plusieurs processus de pré-qualification pour le choix de l’entrepreneur. Selon l’exposé présenté, les indicateurs d’avancement de ce projet révèlent que sa progression est satisfaisante et son exécution se déroule conformément aux dispositions prévues, notamment celles relatives aux études requises, géotechniques et maritimes. Quant aux quatre autres projets, ils sont en phase de maturation et une stratégie de réalisation, qui s’appuie sur les capacités nationales, a été mise en œuvre, a-t-on souligné.
A travers cette démarche, les responsables chargés des projets visent « la réduction du coût de l’eau produite, la maximisation de l’utilisation des capacités nationales de réalisation, la capitalisation du savoir-faire et la réduction des dépenses en devises et ce, à travers la mutualisation des ressources des sociétés du Groupe Sonatrach, qui a procédé, dans ce cadre, à la constitution de deux groupements d’entreprises nationales», a-t-on expliqué.
Transformer le port de Djen-Djen en hub portuaire
Dans le domaine de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, le Gouvernement a entendu une communication présentée par le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville sur les mesures prises dans le cadre de la réduction des délais de délivrance des permis de construire. Sur ce registre, le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane a fait un rappel des instructions du président de la République concernant le processus de dématérialisation des procédures et de bureaucratisation dans la délivrance des différents documents administratifs au profit du citoyen.
A ce titre, il a insisté sur l’importance d’engager, en coordination entre les secteurs concernés, la mise en place de la plateforme numérique dédiée à la délivrance du permis de construire et ce, au niveau des Communes sélectionnées en première phase pour le lancement de cette opération.
Concernant le secteur Travaux publics, l’intervention du ministre de tutelle a été consacrée au projet d’extension du port de Djen-Djen, (wilaya de Jijel) dans l’objectif de transformer cette infrastructure en hub portuaire. Il s’agira d’augmenter les capacités de ce port et de l’intégrer dans le réseau des grands ports méditerranéens, a expliqué l’intervenant.
De son côté, le ministre des Transports a présenté une communication portant sur la réalisation, le suivi et le contrôle des travaux de réalisation de la desserte ferroviaire Khenchela-Ain El Beïda (wilaya d’Oum El Bouaghi) sur 52 kilomètres, y compris la signalisation, les télécommunications, l’énergie et l’électrification des premier et deuxième tronçons.
Dans ce cadre, le premier responsable du secteur a fait part de la conclusion de trois projets de marchés de gré à gré simple entre l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (Anesrif) et des Groupements d’entreprises et de bureaux d’études publics nationaux.
Pour rappel, ces projets de marchés s’inscrivent dans le cadre de l’exécution des décisions du président de la République relatives à la mise en œuvre du programme complémentaire de développement de la wilaya de Khenchela. n