La nouvelle instruction de suspendre l’organisation de concerts ou représentations d’artistes étrangers «ne s’applique qu’aux seuls opérateurs publics, les entreprises privées spécialisées dans l’organisation d’événements culturels restant libres d’inviter des artistes étrangers », à condition d’en « assurer la prise en charge », a précisé le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi, samedi dernier, en marge de la cérémonie de clôture de la première édition du «Printemps des arts ».

Cette décision de suspendre l’organisation de concerts ou représentations d’artistes étrangers, financée sur fonds publics, est une mesure décidée dans le contexte des restrictions budgétaires subies depuis plusieurs années par le secteur et celles destinées à limiter les transferts de fonds à l’étranger. En effet, le ministre de la Culture a expliqué en substance que les moyens financiers attribués par l’Etat aux structures dépendantes du ministère de la Culture devaient rester en Algérie et  destinés aux artistes algériens.
Mais aussi, que « la programmation d’artistes étrangers va à l’encontre des droits des artistes algériens et, tout particulièrement, des plus jeunes qui ont le plus besoin de promotion ». Azzedine Mihoubi a ainsi précisé : «Nous avons envoyé une instruction aux structures dépendantes du secteur de la culture – et seulement à elles – les informant que la priorité doit être donnée aux artistes algériens dans les programmes des festivités et événements qui seraient prochainement organisés. La programmation d’artistes étrangers sera pour sa part systématiquement soumise à l’autorisation du ministre de la Culture ». Le ministre de la Culture a néanmoins fait savoir, samedi dernier, que la décision n’impacterait pas le travail des entreprises privées spécialisées dans l’organisation de spectacles.
«L’invitation d’artistes étrangers ou établis à l’étranger, reste possible pour les entreprises privées. Et nous avons pour cela des dizaines d’entreprises privées agréées et spécialisées dans l’organisation d’événements culturels.
Elles peuvent inviter des artistes en les prenant en charge et nous pourrons les aider en mettant à disposition des espaces. » Il s’agirait, par ailleurs, selon le premier responsable du secteur de la culture «d’apporter plus d’organisation au secteur », de mettre fin à certaines « habitudes » de responsables de festivals organisé sur fonds publics. « Il est devenu fréquent que 80% des sommes destinées à l’organisation des festivals soient consacrés à l’invitation d’artistes étrangers, alors que des artistes algériens prometteurs sont privés de ces moyens et d’occasions de se promouvoir. »
Pour rappel, cette décision avait été annoncée par le ministre de la Culture, le 9 mai dernier, sur le plateau de la chaîne de télévision Ennahar TV, et dans une formulation qui pouvait être perçue comme une interdiction complète des représentations d’artistes étrangers, en expliquant alors qu’elle a été prise au regard de la situation financière du pays et par la nécessité de promouvoir les artistes algériens.