Par Sihem Bounabi
Le Pr Rachid Belhadj, directeur des activités médicales et paramédicales du CHU Mustapha-Bacha et président du Syndicat national des enseignants-chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu), a rassuré sur la situation épidémiologique actuelle malgré l’augmentation du nombre de contaminations. «C’est une petite réplique et il n’y a pas lieu de s’inquiéter ni de s’affoler», a-t-il déclaré, en précisant «certes, on a été surpris par cette réplique virale, car on s’attendait à une disparition lente et progressive de ce virus, mais ce qui s’est passé, c’est que la Covid reste un virus avec des possibilités de mutations».
S’exprimant dans une vidéo publiée sur la page officielle de Ahcène Chemache, journaliste de la Chaîne III de la Radio nationale, le Pr Belhadj a tenu ainsi à souligner que la situation est maîtrisable : «Heureusement, c’est une mutation du variant Omicron et non pas du Delta. Et donc, cela a conduit à une augmentation des cas de contaminations, mais il ne faut pas s’affoler.» Argumentant que «nous avons réussi à gérer quatre vagues de Covid dont la plus meurtrière était celle du Delta, je peux vous dire qu’au niveau de nos activités actuelles au CHU, il n’y a pas le feu».
Le Pr Rachid Belhadj illustre ses propos en affirmant : «Malgré sept malades Covid hospitalisés et le décès de deux personnes âgées qui avaient des comorbidités, c’est un scénario logique d’une fin de pandémie que nous attendons vers la fin du mois d’octobre 2022.» Il affirme également que tous les moyens sont disponibles et les dispositifs maintenus et prêts à être mis en place rapidement dans le cas d’une forte augmentation du nombre de malades Covid nécessitant une hospitalisation».
Par contre, ce qui inquiète le Pr Rachid Belhadj, est que les Algériens ont complètement abandonné le respect des mesures barrières. Il se désole ainsi que «les gens ne se vaccinent pas, ne font pas de rappel de vaccin, ne portent pas de bavettes et ne respectent pas les autres mesures». Une négligence inquiétante du fait que ce qui «caractérise ce variant c’est qu’il donne un tableau trompeur de symptômes digestifs avec un état de déshydratation», précise-t-il. Enchaînant qu’«il faut faire très attention car il y a beaucoup de porteurs sains et des gens contaminés mais qui n’ont aucun symptôme». Dès lors, lorsqu’il fait très chaud et qu’une personne âgée présente un cas de déshydratation et ne répond pas au traitement, il faut faire rapidement un diagnostic précis avec un test antigénique.
Concernant les activités médicales courantes de l’hôpital au centre de la capitale, le Pr Rachid Belhadj déclare que «tous nos services fonctionnent normalement, que ce soit au niveau des urgences ou des autres services, avec une prise en charge de toutes les pathologies chirurgicales». Afin d’illustrer le retour à une vie normale, il ajoute que les examens se sont déroulés normalement et le personnel a pris des congés. Par ailleurs, abordant la question des retards dans l’application des mesures décidée par le président de la République dans le cadre du dossier Covid, le président du Snechu, confie que «ce qui fait mal au cœur c’est qu’à ce jour, les familles endeuillées par la mort d’un collègue n’ont toujours pas perçu le capital décès». Il souligne ainsi que dans le contexte actuel de la cherté de la vie, «c’est tout à fait normal que les professionnels du secteur de la santé réclament leur droit comme la prime Covid ; il ajoute à ce propos que «même s’il y a des critères pour en bénéficier, je pense qu’il est temps de clarifier les choses pour savoir quelles sont les spécialités qui sont concernées. Maintenant, si la prime Covid doit être arrêtée, il faudrait trouver d’autres mesures incitatives pour améliorer les salaires et les indemnités des professionnels de la santé, du gardien au professeur de médecine».
Le président du SNECHU tient à préciser que «nous ne voulons pas être que des demandeurs de primes, nous voulons surtout améliorer nos conditions de travail, de formation et de progression de carrière».
Mettant en exergue les différents dossiers du secteur de la santé qui sont toujours en attente, il souligne qu’«il faudrait que les responsables concernés nous aide à trouver des solutions afin d’améliorer la qualité de la prise en charge du citoyen certes, mais penser également à juguler l’hémorragie des départs massifs de nos médecins et compétences vers l’étranger et le secteur privé et ainsi améliorer le système de santé algérien en pensant aux ressources humaines». n