Le Pr Kamel Sanhadji, directeur de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, a abordé, hier, à l’occasion de la tenue d’une journée d’étude consacrée à la situation épidémique de la Covid-19 en Algérie, l’importance de la vaccination contre la Covid-19, même pour les personnes déjà contaminées, et ce, en se basant sur une étude scientifique qui démontre l’efficacité des vaccins pour la protection des patients contre les décès et les formes grave de la maladie.

Par Sihem Bounabi
Abordant l’apport de la vaccination suite à une contamination naturelle, le Pr Kamel Senhadji souligne que selon une étude qui a porté sur deux groupes exprimant la nucléoprotéine et ceux qui ne l’ont pas, il a été constaté que les personnes vaccinées ont une expression positive par rapport à la nucléoprotéine. Tandis que les personnes non vaccinées, mais déjà contaminées par le Covid 19, la vaccination a permis de remonter la partie qui était absente contre la protéine.
Par ailleurs, il a également abordé la pertinence de la vaccination en deux doses, en exposant des diapositives très techniques qui présentent une comparaison des vaccins à vecteurs tels que celui d’AstraZeneca et les vaccins ARN messager à l’instar de celui de Pfizer par rapport à la contamination de deux souches Alpha et Delta.
Cela a permis de démontrer que la 2e dose permettait d’apporter une réponse immunitaire importante et de ce fait «la deuxième dose est bien justifiée», affirme le Pr Kamel Sanhadji.
En outre, tout en soulignant qu’il y a très peu d’études comparatives de tous les vaccins, il a présente une étude comparative de quatre vaccins anti-Covid, en l’occurrence, AstraZeneca, Pfizer, Spoutnik et Sinopharm. Dans cette étude, il est démontré que globalement lorsque l’on teste les anticorps produits par ces quatre vaccins vis-à-vis à un test biologique en laboratoire qui est «celui de mettre en compétition l’interaction du virus avec le récepteur et que l’on fait interférer les anticorps produits par les vaccins afin de vérifier si les anticorps s’interposent à cette rencontre entre le virus et sa cible», le Pr Kamel Senhadji souligne que l’«on constate une supériorité des vaccins ARN qui sont suivis par l’AstraZeneca et ensuite par le Spoutnik et le Sinopharm pour différents variants, dont le Delta». Cette étude, qui porte également sur le comparatif par rapport à l’âge et au sexe, a montré certaines différences dans les tests biologiques. En ce qui concerne le vaccin Pfizer, il présente une meilleure réponse chez les femmes que chez les hommes. Pour les autres vaccins, soit l’AstraZeneca, Spoutnik et Sinopharm, il n’y a pas de différence significative concernant la réponse immunitaire par rapport à l’âge et au sexe.
Pour résumer cette étude comparative des vaccins, le Pr Kamel Sanhadji, se basant sur l’étude déclare qu’il a été démontré, concernant l’efficacité des anticorps bloquant le virus et son récepteur, une supériorité des vaccins à ARN messager suivis des vaccins à adénovirus chimpanzé comme l’AstraZeneca, par rapport à ceux utilisant deux adénovirus comme les vaccins Spoutnik et Sinopharm.
Toutefois, il conclut son intervention en estimant que la partie immuno-cellulaire est la partie la plus importante par rapport à cet effet qui est caractérisé par la protection contre les décès et la gravité de la maladie estimant que «l’immunité cellulaire est la mémoire qui pourrait jouer un rôle dans cette protection».
Il affirme ainsi qu’il a été démontré que «pour ces quatre types de vaccins et vis-à-vis de tous les variants, il y a une réponse immunitaire importante en activant les lymphocytes concernés et qui pourrait protéger les patients contre les décès et les formes graves de la contamination au Covid 19 quel que soit le type de variant».
Concernant la concrétisation d’une immunité collective, le DG de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, a indiqué que «cet objectif ne peut être réalisé qu’en vaccinant un taux de 70% de la population du monde», rappelant qu’à défaut, «à la moindre apparition d’un nouveau variant et de nouveaux foyers à travers le globe, le virus se propagera une autre fois de manière large». Quant à l’Algérie, le Professeur Senhadji a affirmé que «l’éventualité de parvenir à 50% seulement de l’immunité collective est insuffisante», tant qu’un taux de 70% n’a pas été atteint, appelant l’ensemble des citoyens à adhérer à la campagne de vaccination.
Qualifiant, d’autre part, la réticence des citoyens par rapport à la vaccination de «déception», d’autant plus que l’Etat a tenu à apporter tous les types de vaccins avec des doses et un stock suffisants, le Professeur a regretté «les rumeurs sur l’efficacité de ce vaccin et les symptômes imaginaires» qu’il pourrait entraîner.