Par Bouzid Chalabi
A l’approche du mois de Ramadan, tout un chacun redoute que la tendance à la hausse des prix à la consommation des produits frais d’origine végétale et animale, tel qu’enregistrée, ces derniers jours, sur les étals du commerce du détail, ne se poursuive jusqu’à la période du jeûne. Une appréhension tout à fait légitime quand on sait à quel point s’est érodé le pouvoir d’achat des citoyens. Toutefois, les principales parties concernées, à savoir le ministère du Commerce et celui de l’Agriculture, conjuguent leurs efforts dans le but de rassurer les populations en martelant que les marchés seront approvisionnés en quantités suffisantes et les prix maîtrisés. Dans ce sillage, lesdits ministères se sont penchés en priorité sur le sérieux et contraignant problème de la cherté de la pomme de terre. En effet, l’Etat a décidé, afin de juguler la menace d’un rebond spectaculaire du prix de la pomme de terre, d’opérer une importation exceptionnelle de 100 000 tonnes de ce tubercule. Une option qui n’est pas fortuite dans le sens où le temps presse et que les besoins en pomme de terre vont se multiplier pendant le Ramadhan. Pour ce faire, le ministère du Commerce, en étroite collaboration avec celui de l’Agriculture, ont élaboré tout un programme d’importation par lots de 30 000 tonnes. Pour l’heure, et dans l’attente de l’arrivée du premier lot d’importation, ce sont 15 000 tonnes de tubercules locales stockées qui seront déstockées. Une opération pilotée par l’entreprise publique algérienne de réfrigération, Frigomedit, qui a d’ailleurs commencé, puisqu’on a appris qu’elle a débuté le 12 avril dernier et a concerné 6 wilayas. Le déstockage va se poursuivre pour englober le reste des wilayas du pays, assure-t-on. Par ailleurs, comme la pomme de terre fortement demandée pendant la période du jeûne, les viandes rouges et blanches enregistrent, elles aussi, un surplus sur la demande. Et face à l’éventualité donc que les prix des produits carnés frais grimpent beaucoup plus qu’ils le sont actuellement, les pouvoirs misent pour casser les prix élevés de la viande rouge sur un programme de 54.500 tonnes de viande rouge disponibles sur le marché national, qui seront assurées grâce à l’abattage de 29.000 têtes bovines (l’équivalent de 14.500 tonnes) et près de 1 million de têtes ovines (l’équivalent de 30.000 tonnes). Concernant la viande blanche, le groupe public s’est engagé à approvisionner le marché en la matière à hauteur de 10 000 tonnes. Mais serait-ce suffisant pour freiner l’envolée des prix de la volaille ?
Cela dit, il y a lieu de rappeler qu’à la veille de chaque Ramadhan, les prix des produits frais végétaux et animaux grimpent. A ce propos, le président de l’Association pour la protection et orientation du consommateur et son environnement (Apoce) Mustapha Zebdi soutient : «La consommation augmente durant le Ramadhan et également les prix, mettant à rude épreuve le pouvoir d’achat des citoyens, il est alors attendu qu’il soit pris en compte. Et c’est là l’une des principales missions de l’Apoce.» Ce dernier, qui s’exprimait hier sur la chaîne Chourouk News, a lâché dans ce sens : «Jusqu’à quand allons-nous rester dans cette tendance.» Aujourd’hui, le citoyen ne demande que de passer un mois de Ramadhan plus serein, loin des flambées habituelles des prix en cette période précise. Autrement dit, il peut accepter la hausse des prix mais qu’elles soient raisonnables. A ce titre, le président de l’Apoce confie, enfin, «si il y a hausse il faut qu’elle soit réduite au maximum afin qu’elle ne plombe pas complètement le pouvoir d’achat des citoyens».
Mais force est de croire qu’il y aura toujours une catégorie de commerçants ou de particuliers qui visent, à travers le Ramadhan, à faire le plein d’argent. Pour mettre fin aux pratiques de ces personnes sans scrupules, il faudrait prendre des décisions courageuses, à l’image de loi contre la spéculation. <