Alors que le pouvoir d’achat du citoyen subit une érosion sans précédent, par voie d’augmentation des prix n’épargnant quasiment aucun produit de large consommation, les mécanismes mis en place par les pouvoirs publics pour venir à bout des pratiques qui sont à l’origine de cette situation se suivent et se ressemblent sans réelle portée dans un marché, où la transparence reste le grand absent dans la démarche sur laquelle reposent les prix affichés.

Jeudi dernier, le ministre du Commerce, Saïd Djellab, a de nouveau été interpellé sur le sujet, lors d’une séance plénière du Conseil de la nation consacrée aux questions orales. M. Djellab a répondu à la question d’un sénateur en annonçant « la mise en place de mécanismes de la grande distribution des produits de base à travers le territoire national ». Cette opération exclut les produits subventionnés, sachant qu’ils ne sont pas concernés par cette opération, et qu’ils sont « disponibles à des prix maîtrisés », a-t-il précisé.
L’augmentation des prix ayant touché plusieurs produits locaux, qui ont remplacé des produits interdits à l’importation, le ministre, interrogé sur cette question, s’est contenté de répondre en louant les mesures introduites par l’Etat dans l’encadrement extérieur. « La libération du commerce extérieur ‘en tant que choix stratégique adopté par le gouvernement pour s’intégrer à l’économie internationale était accompagnée de mesures préventives visant la protection des capacités de la production nationale et la réduction de la facture des importations ».
Rappelant que son département a entrepris une série de mesures et de dispositions visant une meilleure maîtrise du commerce extérieur et la régulation des activités d’importation, M. Djellab a cité, entre autres, « l’amendement, en 2015, de l’ordonnance de 2003 relative aux règles générales applicables aux opérations d’importation et d’exportation des marchandises, en sus de l’activation des textes réglementaires relatifs aux mécanismes de protection et de défense commerciales dont la lutte contre le dumping, l’imposition de droits compensateurs et la prise de dispositions préventives ».
La suspension provisoire de l’importation de marchandises n’aura provoqué qu’une hausse
« insignifiante » des prix des produits, à l’exception de certains produits agricoles de saison, tels que la pomme, dont le prix est tributaire de la disponibilité de la production saisonnière, imputant la hausse de certains produits au comportement unilatéral adopté par certains fabricants. A ce propos, il a cité l’exemple du yaourt dont les prix ont connu une hausse inattendue, indiquant que les services du secteur du commerce ont ouvert une enquête à ce sujet, ce qui a permis, selon lui, un retour à l’application de son prix habituel. Sauf que la réalité sur le terrain est toute autre. La réduction des importations appliquées aux matières premières et autres intrants, ainsi que les taxes relevées pour ces produits se sont automatiquement répercutés sur la majorité des produits de bases fabriquées localement (pâtes, détergents et lessives, cosmétiques, cafés beurre…) dont les prix ont connu des hausses vertigineuses ces deux dernières années. Concernant la mesure portant sur l’interdiction d’importation de 857 produits, elle a permis, selon le ministre, d’économiser 1,4 milliard USD.
M. Djellab a également répondu à la question d’un sénateur sur les mesures prises pour le contrôle du commerce de l’eau minérale, indiquant que le bilan relatif au contrôle des commerces d’eaux et boissons a fait ressortir, au cours des dix premiers mois de l’année en cours, plus de 17 000 interventions qui se sont soldées par l’enregistrement de 461 infractions et l’établissement de 448 procès-verbaux de poursuite et de fermetures de 92 commerces. Le nombre des opérateurs activant dans le domaine des eaux minérales sur le marché national est estimé à 42 : 25 concessions pour l’exploitation des eaux minérales et 17 pour l’exploitation des eaux de source, a ajouté M. Djellab, citant dans ce contexte le contrôle documentaire et analytique et le contrôle des différentes étapes de production.