Par Sihem Bounabi
Le ministère du Commerce a publié, hier, une liste de 10 produits alimentaires interdits à l’exportation. Il s’agit précisément des œufs frais, de la pomme de terre, de l’ail, des légumes secs (haricot, lentilles, pois-chiches), la semoule de froment (blé) et de l’orge, la farine de froment (blé), le sucre, l’huile de soja, les pâtes alimentaires et le double et triple concentré de tomate.
Ainsi, après la décision du gouvernement d’interdire l’exportation des produits alimentaires, sur instructions du président de la République et un flou qui a duré près de trois semaines, la liste des produits alimentaires est enfin prête.
Pour rappel, le président de la République avait décidé, à l’issue du Conseil des ministres du 13 mars dernier, d’interdire l’exportation de produits alimentaires dont le sucre, les pâtes, l’huile, la semoule et de tous les dérivés du blé. Suite à cette décision, d’autres produits en dehors de cette liste se sont retrouvés bloqués au niveau des ports algériens et des frontières terrestres.
Suite à ces blocages de marchandises, dont les boissons et les jus, le président de l’Association des producteurs algériens de boissons (Apab), Ali Hamani, avait lancé un appel dans un entretien accordée à Reporters, pour la publication de la liste des sous-positions tarifaires afin d’éviter tout amalgame.
Il avait ainsi alerté sur le fait que d’importantes quantités de boissons et de jus destinées à l’exportation étaient bloquées au niveau des frontières terrestres et maritimes depuis le 24 février dernier.
Suite à la publication de cette liste, dont les boissons et les jus n’en font pas partie, Ali Hamani a confié, hier, que «c’est un soulagement, certes, que les boissons ne sont pas inscrites dans cette liste, mais ce que l’on aurait souhaité c’est que cette liste soit promulguée avant le blocage qui a mené à l’atteinte de la crédibilités de nos entreprises qui ont signé des contrats et se sont engagées avec leurs clients qui leur réclament aujourd’hui des dédommagements pour non-respect des dates de livraison».
Il se désole ainsi des ravages causés par la bureaucratie « au point où les opérateurs économiques n’ont plus les moyens d’anticiper ce type de décisions et de travailler sereinement, car ils restent sur le qui vive et à l’affût des décisions bureaucratiques ».
Il souligne également que « ces décisions bureaucratiques à l’emporte-pièce sont prises sans réfléchir aux conséquences que cela peut engendrer vis-à-vis des relations commerciales avec de nombreux pays et de nombreux clients et qui sont à l’encontre des intérêts nationaux ».
Le président de l’Apab tient à préciser : « Nous respectons les décisions souveraines du président de la République, mais la logique aurait voulu que suite aux instructions du président de la République, la commission du ministère du commerce devait établir une liste et aviser dans les temps les exportateurs en fixant une date. Mais, c’est le contraire qui a été fait et toutes les marchandises, même celles qui ne sont pas concernées par cette interdiction d’exportation, ont été bloquées à cause d’une décision bureaucratique. »
Concluant qu’«il appartient aux administrations et aux responsables qui ont certains pouvoirs au niveau des secteurs de traduire les décisions du président de la République avec des notes claires et nettes». <