Fin de l’interdiction qui frappe l’exportation des produits fabriqués localement, en vigueur depuis la mi-mars. C’est dans un contexte de propagation de l’épidémie de coronavirus que le chef de l’Etat, faut-il le rappeler, avait réuni son gouvernement pour prendre les premières mesures aux fins de lutter contre la diffusion du virus Covid-19 et garantir la disponibilité des produits alimentaires et d’hygiène.

En effet, réuni le 17 mars dernier en Conseil des ministres, le gouvernement a été instruit d’interdire l’exportation des produits stratégiques pendant la crise sanitaire. Une liste de 17 produits entrant dans le cadre de cette mesure a été rendue publique. Il s’agissait de la semoule, la farine, les légumes secs et le riz, les pâtes alimentaires, les huiles, le sucre, le café, l’eau minérale, le concentré de tomates, les préparations alimentaires, tous les produits laitiers, y compris ceux destinés aux enfants, les légumes et les fruits frais, les viandes rouges et blanches, les équipements médicaux et paramédicaux, les médicaments et les produits pharmaceutiques, les produits d’hygiène corporelle et les détergents ménagers. Le communiqué publié à l’issue dudit Conseil des ministres précisait que l’interdiction devait rester en vigueur «jusqu’à la fin de la crise, et ce, pour sauvegarder le stock national». Hier, après cinq mois d’application, la mesure portant sur l’interdiction de l’exportation des produits dits «stratégiques», a été levée, permettant ainsi aux opérateurs activant dans les filières de l’exportation de reprendre leur activité.
Dans un communiqué diffusé, hier, le ministère du Commerce fait état, en effet, de la levée de la suspension des exportations des produits fabriqués localement, exception faite des produits subventionnés ou fabriqués à partir de matières subventionnées. La levée de l’interdiction ne concerne pas non plus l’ail. «Le ministère du Commerce informe l’ensemble des opérateurs économiques activant dans le domaine de l’export de la levée de la suspension de l’exportation de produit où l’Algérie dispose d’un potentiel de production, hormis les produits subventionnés ou fabriqués à partir de matières subventionnées et de l’ail», lit-on dans le communiqué diffusé par le ministère du Commerce. La même note souligne cependant que «vu la crise sanitaire que traverse le pays, il demeure interdit d’exporter les masques de protection, les gels hydro alcooliques et les savons liquides ‘lave mains’ en raison de la nécessité de les garantir en quantités suffisantes pour couvrir la demande locale croissante». Le ministère du Commerce fait savoir, dans le même communiqué, qu’une cellule de veille a été installée au niveau de ses structures en vue de «suivre l’approvisionnement du marché national et garantir sa stabilité et prendre toutes les mesures à même de prémunir le marché national de tous les dysfonctionnement». Ainsi, l’instauration de l’interdiction de l’exportation des produits fabriqués localement avait fait réagir plusieurs associations professionnelles, dont l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal) et l’Union nationale des opérateurs de pharmacie (Unop), qui avaient jugé que la mesure était exagérée, d’autant plus que, dans certaines filières à l’export, l’Algérie fabriquait en quantités excédentaires pouvant garantir à la fois l’approvisionnement du marché local et de dégager des volumes à l’exportation. L’Association nationale des exportateurs algériens avait même adressé une lettre au Premier ministre dans laquelle elle avait estimé que la mesure d’interdiction de l’exportation des produits fabriqués localement était contreproductive, voire exagérée, alors que le pays pouvait tirer profit de la crise sanitaire en gagnant des parts de marché à l’international et dégageant d’importantes ressources en devise. «Alors que des pays se battent pour gagner des parts de marché, à l’international, notamment dans le secteur agricole, l’Algérie continue d’imposer son diktat bureaucratique à ses opérateurs», avait écrit l’Anexal dans la missive adressée à Abdelaziz Djerad. <