Par Hakim Ould Mohamed
L’OPEP+ a une nouvelle fois pompé en dessous de son plafond. En effet, une nouvelle enquête d’Argus montre que la production cumulée de l’alliance était tombée à 38,29 millions de bpj le mois dernier, soit 1,81 million de barils par jour de moins que son quota. Les 19 membres de l’OPEP+ soumis aux restrictions de la production ont pompé 310 000 bpj de barils de moins en novembre par rapport au mois précédent. Mais le déficit cumulé s’élève à 1,81 million de barils par rapport au nouveau plafond arrêté en novembre. Le quota de novembre prévoyait une réduction de 2 millions de barils par jour par rapport aux niveaux d’octobre, bien qu’il ait été entendu à l’époque que le groupe pourrait ne pas être en mesure d’atteindre cet objectif. Les membres non-OPEP du groupe OPEP+ ont mieux réussi que les membres traditionnels de l’OPEP, augmentant la production combinée de 460 000 bpj, un sommet en huit mois, selon le site spécialisé en énergie Argus. La plupart de ces augmentations provenaient du Kazakhstan, qui a vu sa production augmenter de 330 000 bpj, et de la production russe, qui a augmenté de 190 000 bpj après le redémarrage de Sakhaline 1. En revanche, la production de brut de l’OPEP a baissé de 770 000 bpj en novembre, un creux de six mois. Les baisses de production ont été observées notamment chez les Saoudiens qui ont vu leur production diminuer de 440 000 bpj. Selon Argus, les plus grands retardataires du groupe élargi de l’OPEP+ sont désormais la Russie, qui produit 670 000 b/j sous le nouvel objectif, le Nigeria, produisant 530 000 bpj sous l’objectif, l’Angola dont la production était inférieure de 350 000 bpj par rapport à son quota et la Malaisie qui a pompé 170 000 bpj sous l’objectif qui lui a été fixé lors de la réunion de novembre du groupe OPEP+. Les membres du groupe qui ont atteint ou dépassé leur objectif de production sont Oman, le Kazakhstan, Bahreïn, l’Irak, le Koweït, les Émirats arabes unis, l’Algérie et le Gabon. Dans l’ensemble, les non-membres de l’OPEP se sont distingués par une sous-production estimée à 92 000 bpj, tandis que les membres de l’OPEP ont cumulé un manque à gagner de 90 000 bpj. Les prix du pétrole brut ont considérablement chuté la semaine dernière, ce qui a fait dire à certains analystes que le groupe OPEP+ pourrait réduire davantage sa production de pétrole pour soutenir les prix du brut. Le brut Brent a terminé la semaine dernière avec, au tableau, une perte d’environ 10 dollars, bien en deçà de ce que la plupart des analystes anticipaient. Depuis plusieurs mois, les craintes d’une offre de gazole insuffisante avaient contribué à la résistance des cours. Mais les derniers chiffres américains et européens montrent que la demande n’est pas au rendez-vous, alors même que les raffineries tournent à plein régime. Rien, à court terme, ne semble à même de renverser la tendance qui entraîne les cours irrésistiblement vers le bas.
Cette situation renforce le sentiment de certains observateurs prévoyant une nouvelle intervention de l’OPEP en faveur d’une réduction de sa production. n