L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires (Opep+) mettent de nouveau en avant un possible ajustement de leur accord de réduction conclu en avril dernier. Et c’est encore le ministre saoudien de l’Energie qui le dit, un mois après avoir évoqué cette piste, alors que le baril de pétrole enregistrait ses plus fortes baisses depuis six mois.
Hier, le prince Abdel Aziz ben Salmane, dont le pays est chef de file de l’Opep+, s’exprimait dans une allocution en introduction d’une réunion mensuelle des ministres de l’alliance, tenue par visioconférence. «Nous devons être prêts à ajuster les termes de notre accord si nécessaire», a-t-il estimé en prévision du sommet de l’alliance le 30 novembre et ses partenaires.
Certes, ces nouvelles déclarations du ministre saoudien interviennent dans un contexte qui voit l’or effectuer une belle remontée, après le regain d’espoir suscité par l’annonce de deux vaccins anti-Covid -9 aux tests probants. Cependant, le marché pétrolier et la demande mondiale en brut demeurent toujours sous la menace, voire à la merci, d’une pandémie actuellement au plus fort de ses jours. D’où la prudence observée au sein de l’Opep+, et que le premier responsable du secteur en Arabie saoudite a manifesté hier en insistant sur «la flexibilité et la pro-activité» qui «doivent continuer à être les principes directeurs de nos délibérations aujourd’hui et dans le futur», a-t-il préconisé.
Pour rappel, l’accord conclu par le cartel et ses alliés au printemps dernier devrait entamer sa troisième phase à partir de janvier prochain, à travers une production relevée de 1,9 million de barils par jour. Autrement dit, la réduction à 7,7 mbj depuis août dernier passera à 5,8 mbj du début de 2021 à avril 2022.
Mais les signes de faiblesse du marché qui a réduit à leur plus simple expression plusieurs secteurs consommateurs de pétrole sont toujours présents et font valoir la force de frappe d’une pandémie à sa seconde vague. La demande reste donc toujours menacée et l’Opep+ n’écarte pas une réplique en circonstance lors de ses retrouvailles à la fin du mois. Laquelle riposte pourrait se faire par le maintien des coupes actuelles ou, à la limite, une augmentation de la production qui serait nettement inférieure à celle prévue à partir de janvier.
Côté marché, les déclarations du ministre saoudien de l’Energie n’avait pas encore d’effet sur les cours hier, en fin d’après-midi. C’est même un léger recul qui s’affichait sur les marchés londonien et new-yorkais, hier en fin d’après-midi. En effet, vers 17H30 le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier valait 43,30 dollars sur l’Inter Continental Exchange, en baisse de 1,19% par rapport à la clôture de la veille. De son côté, le baril américain WTI pour livraison en décembre cédait 0,94%, s’établissant à 40, 95 dollars.
Lundi, au premier jour de la semaine, l’annonce par le laboratoire américain Moderna d’un second vaccin ayant montré une grande efficacité pour ses premiers cas d’essai clinique avait poussé le baril de Brent au-dessus des 44 dollars. Le lundi d’avant, l’annonce par les laboratoires américain Pfizer et allemand BioNTech que leur candidat vaccin était «efficace à 90%» contre la Covid-19 avait déclenché un bond des prix du brut, qui ont finalement engrangé plus de 8% sur la semaine.