La prochaine réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires devrait connaître le même scénario que ses devancières et se solder par une augmentation de 400 000 barils par jour de l’offre de l’Opep+.

Par Feriel Nourine
Ceci d’autant qu’à une semaine de ces retrouvailles, des ministres de pays arabes producteurs de brut ont plaidé pour cette démarche, faisant valoir toujours le principe de prudence auquel s’est attachée l’alliance depuis qu’elle a entamé l’assouplissement de son programme de réduction.
Il s’agit des ministres de l’Energie de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de Bahreïn, ainsi que des ministres du pétrole irakien, koweïtien et égyptien réunis dimanche à Ryadh à l’occasion d’une conférence sur l’Industrie.
Ces derniers ont de nouveau brandi la menace de l’incertitude qui plane encore sur le marché, et ce, en dépit d’une nette amélioration des prix de l’or noir. A leur tête le ministre saoudien de l’Energie, le prince Abdulaziz ben Salman.
«Nous avons appris la valeur de la prudence», a fait remarquer le ministre saoudien, cité par Reuters.
«Attention, un mot pour lequel je sais que certaines personnes me détestent, mais… je continuerai à être prudent et (conscient de) la nécessité de conserver de la flexibilité dans notre stratégie et d’adopter une perspective à long terme. Cette sortie a sans doute valeur de décision, sachant qu’elle émane d’un ministre qui s’exprime chez lui, dans un pays connu pour être le chef de file de l’Opep, mais aussi l’artisan de l’accord de réduction qu’opère l’organisation avec ses alliés, et à leur tête le géant russe du secteur. Un message assez clair à l’adresse des pays consommateurs qui revendiquent une augmentation des quotas de l’Opep+ pour renforcer l’offre mondiale de brut et venir à bout des cours de ces derniers mois, notamment ceux affichés depuis l’entame de l’année, rapprochant le baril des 100 dollars sur lesquels avaient préalablement misé des analystes du marché. En ce sens, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) est revenue à la charge mercredi dernier pour tenter de convaincre l’alliance, en faisant valoir un déficit en production mondiale provoqué par les tensions entre la Russie et l’Ukraine.
Une lecture du marché que le ministre de l’Énergie des Émirats arabes unis, Suhail al-Mazrouei, n’a pas hésité à nuancer en déclarant que «ce sont les tensions géopolitiques qui font monter les prix du brut et non l’offre et la demande».
«Nous espérons tous la désescalade… Je pense que notre plan a fonctionné et je ne pense pas que le marché soit extrêmement sous-approvisionné actuellement. Ce sont les autres facteurs qui échappent à notre contrôle et qui ont un impact sur le marché», a affirmé al- Mazrouei.
Abondant dans le même sens que ses homologues saoudien et émirati, le ministre irakien du Pétrole, Ihsan Abdul Jabbar, a plaidé pour le maintien du programme en cours de l’Opep+. «Pour le bénéfice de tout le marché de l’énergie, l’OPEP+ devrait s’en tenir à l’accord actuel continu et soutenu pour éviter les surprises», a-t-il dit. De son côté, le ministre koweïtien du pétrole, Mohammed al-Fares, a déclaré que l’Opep+ était «très sensible» aux réactions du marché.
Hier, les cours entamaient une nouvelle semaine sur fond de stabilité d’abord par rapport à la clôture de vendredi, avant de monter en après-midi.
Vers 16h (15 h GMT), le Brent de la Mer du Nord s’échangeait à 94,16 dollars sur l’InterContinentalExchange. La référence européenne gagnait ainsi 1,26%.
Au même moment, le baril de West Texas Intermediate (WTI) valait 92,22 dollars sur le New York Mercantile Exchange, soit également une hausse de 1,26%. «Les démarches diplomatiques en cours n’ont pas permis de relâcher la pression sur le prix du pétrole, remontant à 94 dollars», ont commenté des analystes.<