L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) est parvenue à réduire son offre en décembre dernier, avant même que son accord sur la réduction de la production ne soit entré en vigueur.


Le rapport mensuel de l’Opep pour décembre, publié hier, envoie un signal encourageant au marché quant aux capacités de l’Organisation à faire respecter ses résolutions, alors que bon nombre d’observateurs et d’analystes doutent de l’adhésion concrète des pays de l’Opep à l’accord signé le 30 novembre dernier à Vienne (Autriche). La production de pétrole de l’Opep a chuté en décembre, évoluant non loin des niveaux prévus par l’accord du 30 novembre, en vue de faire remonter les prix. Le rapport diffusé hier par l’Opep fait constater que sa production totale de brut a chuté de 221 000 barils par jour à 33,1 millions de barils par jour (mbj) par rapport à novembre. Ainsi, l’offre globale de l’Opep évolue à seulement 600 000 barils/jour au-dessus du seuil visé par l’Accord de l’Opep. En effet, ses membres étaient parvenus le 30 novembre à s’entendre sur une baisse de leur propre production, avec pour objectif de réduire cette production globale à 32,5 millions de barils par jour, au 1er janvier, date prévue de l’entrée en vigueur dudit accord. Plusieurs pays ont annoncé avoir réduit concrètement leur production depuis le début du mois en cours, à leur tête l’Arabie saoudite qui a contribué le plus fortement à cette réduction, en abaissant sa production de 149 000 barils par jour à 10,5 millions de bpj. L’Algérie, l’Equateur, le Gabon, le Nigeria, le Qatar, les Emirats Arabes Unis et le Venezuela ont fait de même. D’autres membres de l’Opep n’ont pas jugé opportun d’adhérer à l’accord avant le 1er janvier 2017, date de sa mise en application effective, faisant croître fortement leur production. C’est le cas de l’Irak, deuxième plus gros producteur de l’Opep après l’Arabie saoudite, dont la production a grimpé de 43 000 barils par jour à 4,6 millions de barils par jour (mbj) en décembre, de même que l’Iran qui a enregistré une hausse de 10 000 barils par jour à 3,7 millions de barils par jour et le Koweit une augmentation de 2000 bpj à 2,8 millions de barils par jour.

L’offre US entame l’enthousiasme ambiant
Selon les termes de l’accord conclu le 30 novembre à Vienne, qui vise à réduire une offre mondiale surabondante afin de soutenir les cours, l’Arabie Saoudite doit faire baisser sa production de brut à 10,1 millions de barils par jour, l’Irak à 4,4 millions, le Koweit à 2,7 millions et les Emirats Arabes Unis à 2,9 millions. Si certains membres de l’Opep restent attachés à leur accord, d’autres peuvent jouer les troubles fête, dont les pays exemptés de la décision de limitation de l’offre, la Libye, le Nigeria et l’Iran en l’occurrence. L’Irak, qui a demandé quant à lui un statut d’exception pour les efforts de guerre menés contre le groupe d’Etat islamique, risque lui aussi de lézarder un compromis si nécessaire pour la stabilisation du marché. Mais ce n’est pas le seul facteur négatif auquel devrait faire face l’Opep à l’avenir. L’Organisation a revu à la hausse ses prévisions relatives à la production américaine en 2017, sur la base du décompte des puits de forage en activité et de la remontée des cours. « Selon les données publiées par l’EIA (Energy Information Administration, antenne du département américain de l’Énergie ou DoE) mardi, les extractions de pétrole de schiste des Etats-Unis devraient augmenter d’un solide 40 000 barils par jour, pour atteindre 4,75 millions de barils par jour en février », ont noté hier les analystes de Commerzbank. La production de pétrole de schiste, plus coûteuse que les extractions classiques, connaît un regain d’activité depuis que les prix ont grimpé fin 2016. « Cela va rendre le travail plus difficile pour l’Opep qui cherche à retrouver l’équilibre du marché à travers la limitation de sa production et de celle de ses partenaires », ont ajouté les analystes. Ainsi, au moment où l’offre pétrolière de l’Opep connaît un repli encourageant, aidant à une stabilisation du marché, les craintes de voir la production américaine reprendre, stimulée par la hausse des prix, entament l’enthousiasme qui y règne.